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	<title>Échos économiques Archives - ADN Politics</title>
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	<description>Comprendre la politique autrement</description>
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	<title>Échos économiques Archives - ADN Politics</title>
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		<title>KENYA : AUTOPSIE D’UNE GOUVERNANCE SOUS PERFUSION</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 12:40:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
		<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où le Kenya s’apprête à célébrer le troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de WILLIAM RUTO, l’heure n’est ni aux célébrations ni aux slogans du hustler nation. Le pays, jadis présenté comme un îlot de stabilité et un laboratoire du libéralisme économique en Afrique de l’Est, donne aujourd’hui l’image d’une démocratie essoufflée et d’une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Au moment où le Kenya s’apprête à célébrer le troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de WILLIAM RUTO, l’heure n’est ni aux célébrations ni aux slogans du <u>hustler nation</u>. Le pays, jadis présenté comme un îlot de stabilité et un laboratoire du libéralisme économique en Afrique de l’Est, donne aujourd’hui l’image d’une démocratie essoufflée et d’une économie qui ne tient debout que par la perfusion des prêts multilatéraux et une fiscalité de plus en plus prédatrice. À l’aune des indicateurs de gouvernance, la note est sévère. Non pas en raison d’un effondrement brutal, mais parce que l’écart entre les promesses de rupture et les réalités de l’exercice du pouvoir s’est creusé au point de fracturer le contrat social.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="616" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-1024x616.webp" alt="" class="wp-image-7757" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-1024x616.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-300x181.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-768x462.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-860x517.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-760x457.webp 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image.webp 1047w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong><em>Il y a tout juste deux ans, en juin 2024, la jeunesse kényane descendait dans la rue pour torpiller le projet de loi de finances qui prévoyait une TVA sur le pain, une taxe sur l’huile de cuisson et une ponction accrue sur les transferts d’argent mobile. Les manifestations, menées par la « Génération Z » sans étiquette partisane, firent au moins 53 morts sous les balles de la police, selon la Commission nationale des droits de l’homme, et contraignirent le président à une volte-face spectaculaire : retrait du texte, limogeage de la quasi-totalité de son gouvernement et ouverture d’un « dialogue national ». Ce que le pouvoir qualifia alors de « gouvernement de large rassemblement » s’apparente, deux ans plus tard, à une opération de neutralisation méthodique de l’opposition, sans avoir réglé la quadrature du cercle budgétaire. Le bulletin de gouvernance du Kenya, si l’on tentait de le synthétiser, oscillerait entre un C+ en gouvernance politique et un B- en gouvernance économique, mais cette moyenne masque des déséquilibres profonds qui hypothèquent l’avenir.</em></strong></p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le piège de la dette et l’impasse fiscale</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars.webp" alt="" class="wp-image-7760" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-300x158.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-768x404.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-860x452.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-760x399.webp 760w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Commençons par les chiffres, car ils sont têtus. En <strong>2013</strong>, lorsque l’actuelle <strong>Constitution</strong> avait déjà une décennie, la dette publique du Kenya représentait <strong>42 % du PIB</strong>. Fin <strong>2025</strong>, elle plafonnait à 10 900 milliards de shillings (environ 72 milliards de dollars), soit <strong>67 %</strong> du PIB, un niveau qui demeure sous la barre symbolique des <strong>70 %</strong> mais qui étrangle les marges de manœuvre budgétaires. Le service de la dette absorbe désormais <strong>38 %</strong> des recettes ordinaires, contre 27 % en 2019. Pour la seule année fiscale 2025-2026, le <strong>Trésor</strong> a provisionné 1 600 milliards de shillings pour le remboursement des intérêts et du principal, un montant supérieur au budget cumulé de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Autrement dit, le Kenya travaille d’abord pour ses créanciers : la Chine (8,2 milliards de dollars d’encours, principalement pour le Standard Gauge Railway), les euro-obligataires et les institutions de Bretton Woods.</p><p>Le FMI, dont le programme de <strong>3,6 milliards de dollars conclu en 2021</strong> arrive à échéance en 2026, a joué un rôle d’arbitre intransigeant. Pour satisfaire les revues semestrielles, le gouvernement Ruto a dû légiférer en urgence, en 2025, un nouvel impôt minimum sur les entreprises déficitaires et une taxe carbone sur les carburants, mesures qui ont ramené le déficit budgétaire à 4,4 % du PIB, contre 5,6 % en 2024. Sur le papier, la consolidation est indéniable. La croissance, tirée par l’agriculture et les services financiers, a rebondi à 5,2 % en 2025 et devrait atteindre 5,5 % cette année. Le shilling, qui s’était effondré à 160 pour un dollar avant le remboursement de l’eurobond de 2 milliards en juin 2024, s’est stabilisé autour de 135 grâce à l’emprunt syndiqué de 1,5 milliard de dollars contracté auprès de la TDB et de l’Afreximbank.</p><p>Mais cette stabilisation macroéconomique a un coût social que les tableaux Excel du FMI ne captent pas. L’inflation alimentaire, bien qu’officiellement redescendue à 5,1 % en mai 2026, reste structurellement volatile : le prix du maïs, denrée de base, a augmenté de 23 % depuis le début de l’année en raison de la sécheresse dans le Nord. Le taux de chômage des 18-34 ans, segment qui avait porté la fronde de 2024, s’établit à 38 %, selon le <strong>Bureau national des statistiques</strong>, et l’économie formelle ne génère qu’environ 200 000 emplois par an pour un million de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. La politique du « bottom-up economics », avec ses fonds rotatifs Hustler Fund et ses promesses de crédit à 8 % pour les micro-entreprises, a décaissé 62 milliards de shillings en trois ans, mais 44 % des bénéficiaires sont en défaut de remboursement. Le modèle ne parvient pas à masquer l’évidence : la gouvernance économique kényane est devenue une gestion experte de la pénurie, où l’on repousse l’explosion sociale par des perfusions financières et des reculs tactiques, sans jamais s’attaquer à la capture de l’État par les élites.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Du dialogue national au verrouillage politique</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7759" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-1024x768.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-300x225.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-768x576.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-860x645.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-760x570.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>C’est sur le terrain de la gouvernance politique que la dégradation est la plus spectaculaire. L’<strong>indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine</strong>, qui agrège des critères de participation, de droits de l’homme et d’État de droit, a fait reculer le Kenya de trois places depuis 2023, le classant désormais au 18e rang continental. Le « <em>gouvernement de large rassemblement</em> » annoncé le 19 juillet 2024, qui intégra quatre figures de l’opposition historique menée par RAILA ODINGA, dont le poste inédit de « <em>Secrétaire général du Cabinet</em> » confié à un proche de l’ancien Premier ministre, a d’abord été salué comme une sortie de crise. Avec le recul, il apparaît comme un marché politique qui a dévitalisé l’alternative électorale. Raila Odinga, battu pour la présidence de la <strong>Commission de l’Union africaine</strong> en février 2025 face au Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, a vu son aura panafricaine s’évanouir et son parti, l’ODM, se fracturer. La faction « <em>ODM-Kenya</em> » qui a refusé la compromission s’est alliée à l’ancien vice-président Rigathi Gachagua, limogé en octobre 2024 pour « <em>insubordination</em> », mais cette opposition éclatée n’a pas de majorité parlementaire pour contrer l’exécutif.</p><p>Les élections de mi-mandat de 2025 dans les comtés ont été marquées par un taux d’abstention de <em>66 %</em>, du jamais-vu, signe d’un désenchantement abyssal. La <em><u>commission électorale (IEBC)</u></em>, toujours sans composition plénière après le départ à la retraite de ses membres, fonctionne avec des commissaires intérimaires nommés par le président, ce que la société civile dénonce comme une préparation en vue de 2027. Le rapport de Human Rights Watch publié en mars 2026 documente 37 disparitions forcées de militants et blogueurs depuis janvier 2025, principalement dans les comtés de Kisumu, de Nairobi et de la côte. La loi sur la cybersécurité, amendée en catimini en novembre 2025, permet désormais la surveillance des communications sans mandat judiciaire préalable pour tout motif de « stabilité économique » – une notion assez vague pour couvrir les voix critiques des réseaux sociaux, où la colère gronde en swahili, en anglais et en sheng.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>2027 : l’élection de tous les dangers</strong></p><p>À douze mois du scrutin présidentiel d’août 2027, la configuration est aussi illisible qu’explosive. William Ruto, fort du soutien de l’appareil d’État et d’une coalition parlementaire qui regroupe l’UDA et une partie de l’ODM, a annoncé sa candidature à un second mandat, misant sur un bilan économique qu’il qualifie de « <em>sauvetage national</em> » et sur la fragmentation du camp adverse. Mais sa cote de popularité, mesurée par l’institut TIFA en juin 2026, n’est que de 34 %, contre 49 % en septembre 2022. Le clivage ethnique qui structurait le vote depuis le retour du multipartisme cède du terrain, non par vertu civique, mais sous la poussée d’un ressentiment générationnel qui ignore les frontières communautaires. Les activistes de la Génération Z, qui ont fondé en 2025 le « <em>Mouvement pour la dignité</em> » (MDK), peinent à se doter d’un leader présidentiel crédible mais imposent dans le débat public des revendications radicales : plafonnement des salaires des élus, abolition du fonds de pension parlementaire, audit citoyen de la dette. Une pétition en ligne pour un référendum sur la limitation à deux mandats de l’ensemble des élus, y compris les députés, a recueilli 2,7 millions de signatures, contraignant l’IEBC à un examen de recevabilité. Le pouvoir y voit une manœuvre insurrectionnelle déguisée.</p><p>La gouvernance politique kényane navigue donc à vue entre autoritarisme rampant et théâtralisation du dialogue. Elle ne peut ni réprimer totalement, car l’histoire récente&nbsp;; 2007, 2017&nbsp;; a montré que la violence électorale débouche sur des sanctions internationales et des enquêtes de la CPI, ni concéder un véritable rééquilibrage des pouvoirs qui menacerait les rentes d’une élite pléthorique. Le système judiciaire, qui avait fait preuve d’une indépendance remarquable en 2022 en validant l’élection de Ruto puis en 2024 en annulant plusieurs taxes, subit une guerre d’usure : le budget du pouvoir judiciaire a été amputé de 18 % en 2025-2026, et les nominations à la Cour suprême font l’objet de batailles procédurales interminables.</p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="836" height="557" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925.webp" alt="" class="wp-image-7758" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925.webp 836w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-300x200.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-768x512.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-420x280.webp 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-615x410.webp 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-760x506.webp 760w" sizes="auto, (max-width: 836px) 100vw, 836px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Quelle note de passage ?</strong></p><p>Si l’on se livre à l’exercice d’une fiche d’évaluation, la gouvernance économique mérite un <strong>B-</strong>. La trajectoire budgétaire s’améliore, le risque de défaut souverain est écarté à court terme, les institutions financières internationales continuent de valider le programme. Mais le modèle reste fragile : la croissance n’est pas inclusive, le secteur informel, qui pèse <strong>34 % du PIB</strong>, échappe à l’impôt, et la corruption&nbsp;; le Kenya a perdu sept points dans l’indice de perception de <strong>Transparency International</strong> depuis 2022, siphonne un tiers des marchés publics. La gouvernance politique, elle, plafonne à un <strong>D+</strong> : les contre-pouvoirs s’étiolent, la reddition des comptes est sélective, et la jeunesse, majoritaire dans la démographie, se sent exclue du jeu institutionnel. Ramenée à la seule échelle continentale, cette note place le Kenya dans la catégorie des « <em>régimes hybrides</em> » où la façade démocratique dissimule mal une gestion oligarchique.</p><p>Le véritable test ne sera pas la publication de nouveaux indicateurs, mais la capacité du pays à traverser 2027 sans basculer. Dans l’équation kényane, le multiplicateur de risque n’est plus seulement la pauvreté ou la rivalité ethnique, c’est la prédation fiscale imposée par une dette héritée de la décennie précédente, que la population refuse désormais de payer. Le FMI et les banques créancières exigent des excédents primaires ; la rue exige du pain et de l’électricité subventionnée. Entre les deux, le gouvernement Ruto joue la montre, espérant que la lassitude l’emportera sur la colère. Mais les poudres de 2024 n’ont pas été noyées, elles ont été mises sous scellé, et le temps n’est plus où l’on pouvait gouverner le Kenya par la seule alternance des élites Kalenjin et Kikuyu. La note de passage, en définitive, ne sera pas attribuée par les experts : elle le sera dans les urnes, ou à défaut, dans la rue.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/kenya-autopsie-dune-gouvernance-sous-perfusion/">KENYA : AUTOPSIE D’UNE GOUVERNANCE SOUS PERFUSION</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LA COUPE DU MONDE DANS L’ASSIETTE DE LA POLITIQUE TRUMP : LE MONDIAL 2026 OU L’INSTRUMENTALISATION DU BALLON ROND</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 17:26:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Coupe du Monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, ne sera pas seulement une compétition sportive. Elle est en train de devenir l’un des plus puissants leviers de coercition diplomatique de l’ère Trump. Derrière la rhétorique de la célébration universelle, Washington impose une réalité brutale : l’accès au sol américain [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La <strong>Coupe du Monde 2026</strong>, co-organisée par les <strong>États-Unis</strong>, le <strong>Canada</strong> et le <strong>Mexique</strong>, ne sera pas seulement une compétition sportive. Elle est en train de devenir l’un des plus puissants leviers de coercition diplomatique de l’ère <strong>Trump</strong>. Derrière la rhétorique de la célébration universelle, Washington impose une réalité brutale : l’accès au sol américain est désormais une arme géopolitique, et le football mondial, pris en otage par ses propres compromissions historiques, n’a d’autre choix que de s’y soumettre.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7749" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-1024x1024.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-300x300.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-150x150.jpg 150w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-768x768.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-1536x1536.jpg 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-2048x2048.jpg 2048w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-860x860.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-400x400.jpg 400w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-600x600.jpg 600w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-760x760.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/COUPE-110x110.jpg 110w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Pourquoi Infantino se tait : La géopolitique du chantage</strong></p><p>Pour comprendre pourquoi <strong>Gianni Infantino</strong> agit avec ce qu’on pourrait qualifiez très justement de servilité léche-botte envers <strong>DONALD TRUMP</strong>, il faut revenir à la salle de crise du Baur au Lac en 2015. L’attitude du président de la <strong>FIFA</strong> n’est pas un trait de caractère anodin ; c’est la posture de survie d’une institution qui a frôlé la mise sous tutelle judiciaire américaine.</p><p>Rappelons les faits structurels. En décembre 2010, la FIFA attribue le Mondial 2018 à la <strong>Russie</strong> et celui de 2022 au <strong>Qatar</strong>. Les <strong>États-Unis</strong>, candidats pour 2022, subissent un camouflet diplomatique. La vengeance américaine ne se fait pas par voie diplomatique, mais par le bras armé de la justice. En 2015, le FBI débarque à Zurich pour arrêter les cadres latino-américains sous le coup du Foreign Corrupt Practices Act.</p><p>Mais l’ambition de Washington allait bien au-delà de la simple lutte anticorruption. L’administration américaine, par le biais de l’attorney général de l’époque, a explicitement menacé de retirer à la FIFA son statut d’association, proposant de la remplacer par une entité privée cotée en bourse, pilotée depuis les États-Unis. La survie de la FIFA en tant qu’entité souveraine du sport mondial était en jeu. C’est ici que se scelle le pacte faustien. Pour protéger l’institution et sa propre tête, <strong>Infantino</strong>, arrivé sur les décombres de l’ère Blatter, comprend qu’il doit offrir un trophée à l’Oncle Sam. L’attribution de la Coupe du Monde 2026 à la candidature nord-américaine (contre le Maroc, pourtant jugé plus « romantique ») est le pot-de-vin diplomatique qui achète la paix juridique. Infantino ne craint pas seulement un nouveau raid du FBI ; il a besoin que le <em><u>Département de la Justice</u></em> américain valide tacitement chaque grande décision de la fédération pour éviter la résurgence de poursuites extraterritoriales.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le Visa comme arme de souveraineté : Téhéran et les nuits mexicaines</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7750" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-1024x683.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-300x200.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-768x512.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-330x220.jpg 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-420x280.jpg 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-615x410.jpg 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-860x573.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026-760x507.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/caution-visa-etats-unis-coupe-du-monde-2026.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le cas le plus emblématique de cette dérive est celui de l’Iran. Dans le cadre des préparatifs et des rencontres internationales, la non-délivrance systématique de visas aux supporters iraniens, mais aussi, fait plus troublant, les obstacles administratifs visant la délégation officielle, sont devenus la norme.</p><p>Durant les éliminatoires ou les compétitions précédentes, les ressortissants iraniens se sont vus confrontés à un taux de refus consécutif aux décrets migratoires (le Muslim Ban revisité) avoisinant les <strong>80%</strong> pour toute demande liée au tourisme sportif. La situation a conduit à cette anomalie géopolitique : les joueurs de la <em><u>Team Melli</u></em>, pour contourner l’hostilité administrative américaine tout en restant dans le fuseau horaire, ont logé et se sont entraînés sur le sol mexicain, ne franchissant la frontière que quelques heures avant les matchs, dans un statut d’extraterritorialité sportive subie.</p><p>Pour les pays africains, le tableau n’est guère plus reluisant. Les données consulaires montrent que le taux de refus de visa B1/B2 pour les supporters du <strong>Sénégal</strong>, du <strong>Maroc</strong> ou du <strong>Cameroun</strong> dépasse régulièrement les <strong>55 à 60 %</strong>. L’argument avancé par l’administration est celui du « <em>risque migratoire</em> » : le spectre d’un supporter qui ne repartirait pas justifie une présomption de culpabilité généralisée.</p><p>Cette stratégie transforme le Mondial en une compétition à deux vitesses. Les sélections européennes, bénéficiant du programme d’exemption de visa (ESTA), évoluent sans entraves, tandis que les nations du Sud global sont amputées de leur douzième homme. C’est la négation même de l’équité sportive par la douane.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La « Pause Fraîcheur » : La victoire culturelle et commerciale</strong></p><p>La preuve ultime de cette emprise américaine se niche dans le protocole même du jeu. La fameuse « <em><u>pause fraîcheur</u></em> », qui fractionne le temps réglementaire, n’est pas une simple mesure sanitaire. C’est la réponse structurelle à une demande vieille de <strong><u>trente (30) ans</u></strong> des diffuseurs et annonceurs américains (Fox Sports en tête), incapables de concevoir un spectacle sportif sans fenêtres publicitaires télévisées.</p><p>En acceptant d’altérer la fluidité sacrée d’une mi-temps de football pour y introduire ces césures marchandes, Infantino a modifié l’ADN du jeu pour l’aligner sur le format du Super Bowl ou de la NBA. C’est la reddition du football mondial face à l’économie de l’attention à l’américaine. <strong>Infantino</strong> l’aura permis, parce que c’est le prix à payer pour que la <strong>Maison Blanche</strong> continue de le traiter comme un partenaire, et non comme un justiciable.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Vers un positionnement géopolitique renforcé ou simple caprice frontalier ?</strong></p><p>L’attitude américaine dans ce Mondial 2026 n’est pas un caprice. Elle est le prolongement logique d’une doctrine néo-impériale où le sport est un sous-secteur de la sécurité nationale. En verrouillant les visas, <strong>TRUMP</strong> envoie un message clair au monde : l’organisation d’un événement global sur votre sol ne vous oblige pas à l’ouverture ; elle vous donne le droit de sélectionner vos invités selon des critères politiques.</p><p>Pour les partenaires occidentaux, c’est un dilemme. La FIFA, sous la tutelle tacite des États-Unis, a sacrifié l’universalisme sur l’autel du business et de la survie juridique. <strong>Gianni Infantino</strong> n’est pas seulement un dirigeant qui aime les hommes forts ; il est le gestionnaire d’une reddition. Il a troqué les ennuis judiciaires contre un alignement géopolitique total. Et pendant que <strong>TRUMP</strong> savoure l’offrande de la Coupe du Monde, les supporters d’Afrique et du Moyen-Orient regardent le match depuis un no man’s land frontalier, spectateurs d’un sport qui prône l’inclusion tout en étant gouverné par l’exclusion.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le crépuscule de l’universalisme sportif</strong></p><p>Si 2026 marque le point culminant de l’instrumentalisation du football par la puissance américaine, il en annonce également les conséquences systémiques à long terme. La soumission de la FIFA à l’axe Washington-Trump n’est pas un accident de parcours : elle est en train de redessiner la carte de la gouvernance sportive mondiale pour les vingt prochaines années. Quatre trajectoires se dessinent, toutes lourdes de ruptures :</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La fin du mythe de l’État-hôte neutre</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-7751" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-1024x682.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-300x200.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-768x512.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-420x280.webp 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-615x410.webp 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-860x573.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942-760x506.webp 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/24573942.webp 1400w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>La Coupe du Monde ne pourra plus jamais être perçue comme un territoire international temporaire, régi par les seules lois de la FIFA. La jurisprudence Trump crée un précédent : celui du pays hôte qui exerce un droit de regard souverain et discriminatoire sur les participants et les spectateurs. Les prochaines nations candidates, qu’il s’agisse du trio <strong>Espagne-Portugal-Maroc</strong> pour 2030 ou de l’<strong>Arabie saoudite pour 2034</strong>, observent attentivement.</p><p>Riyad, en particulier, a déjà intégré la leçon. Le royaume wahhabite, qui entretient des relations étroites avec l’administration américaine sortante et possède son propre carnet de restrictions d’entrée, pourrait très bien répliquer le modèle : visa conditionné à des critères politiques, surveillance numérique des supporters, exclusion de certains ressortissants sous prétexte de sécurité. L’exception américaine se mue en norme autoritaire globale. La FIFA, qui a validé ces pratiques par son silence en 2026, aura perdu toute légitimité pour les contester en 2034.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>L’émergence d’un “Sud global du football”</strong></p><p>Face à l’humiliation des refus de visas, un bloc de nations non-alignées est en gestation. Les fédérations africaines et asiatiques, qui représentent numériquement la majorité des voix à la FIFA mais demeurent marginalisées dans les faits, commencent à poser la question interdite : <strong>pourquoi ne pas organiser une compétition alternative ?</strong></p><p>Certes, l’hypothèse d’une «&nbsp;<em><u>Super Ligue des Nations du Sud</u></em>&nbsp;» reste aujourd’hui chimérique du point de vue des droits télévisés. Mais les indicateurs de soft power évoluent. La <strong>Chine</strong>, par le biais des <em><u>Nouvelles Routes de la Soie</u></em>, investit massivement dans les stades en Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal). La <strong>Turquie</strong> et le <strong>Qatar</strong> se positionnent en médiateurs alternatifs. Si le verrou des visas américains se resserre encore, ces puissances pourraient proposer un circuit parallèle de tournois mondiaux, plus ouvert car dégagé de la contrainte territoriale occidentale. Le risque pour la FIFA est existentiel : celui d’une balkanisation du football mondial, où son propre Mondial deviendrait un simple championnat du “Nord élargi”.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le basculement générationnel de la gouvernance FIFA</strong></p><p><strong>GIANNI INFANTINO</strong> ne pourra pas présider éternellement. Le pacte scellé avec la justice américaine a une date de péremption : celle de son départ. Ses successeurs potentiels, qu’ils viennent d’Europe ou d’Asie, devront s’émanciper du protectorat juridique américain. La perspective de voir un président de la FIFA issu d’un pays non-occidental, et donc moins sensible aux injonctions de Washington, modifierait radicalement l’équation.</p><p>La réforme des statuts de la fédération internationale devra inclure une «&nbsp;<em><u>clause d’immunité sportive</u></em>&nbsp;» contraignante pour les États hôtes : aucun pays ne pourrait obtenir l’organisation d’une Coupe du Monde s’il ne garantit pas, par traité international, la libre circulation de tous les supporters accrédités. C’est le seul moyen de sortir du chantage. À défaut, la FIFA restera ce qu’elle est devenue en 2026 : une filiale de la diplomatie américaine délocalisée à Zurich.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le marché télévisuel comme moteur de la mutation du jeu</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="663" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7752" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg.webp 1000w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg-300x199.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg-768x509.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg-860x570.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/1781832250595_img-0733-6288-2729-jpg-760x504.webp 760w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure><p>La pause publicitaire instaurée en 2026 n’est qu’un avant-goût. Les diffuseurs américains ont déjà en tête l’étape suivante : le «&nbsp;temps mort&nbsp;» obligatoire par mi-temps, justifié par la consultation de l’arbitrage vidéo. Sous couvert d’équité technologique, c’est une fenêtre de quatre-vingt-dix (90) secondes qui s’ouvrira, idéale pour les annonceurs de soda et de cryptomonnaies.</p><p>À <strong>l’horizon 2030</strong>, le format même de la compétition pourrait évoluer vers un modèle de “<em><u>show sportif</u></em>” importé du Super Bowl : introduction de quarts-temps au lieu de mi-temps, spectacles de mi-parcours, micros ouverts sur les célébrations. Ces transformations ne sont pas des fantasmes. Elles sont contenues dans les contrats d’exclusivité signés entre la FIFA et les investisseurs nord-américains. Le football européen, arc-bouté sur son modèle associatif et culturel, se retrouvera en résistance. Et c’est peut-être de ce conflit entre l’Europe du football et l’Amérique du divertissement que surgira la véritable géopolitique sportive de la prochaine décennie.</p><p>La Coupe du Monde 2026 ne sera pas seulement celle des vexations consulaires pour l’Iran ou l’Afrique subsaharienne. Elle sera le lieu de naissance d’un nouvel ordre footballistique, où la raison d’État et la raison commerciale se disputent un corps sportif mondialisé, déjà bien affaibli. La question n’est plus de savoir si la FIFA survivra à l’ère Trump. Elle est de savoir si le football, en tant que bien commun universel, peut survivre à la FIFA.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/la-coupe-du-monde-dans-lassiette-de-la-politique-trump-le-mondial-2026-ou-linstrumentalisation-du-ballon-rond/">LA COUPE DU MONDE DANS L’ASSIETTE DE LA POLITIQUE TRUMP : LE MONDIAL 2026 OU L’INSTRUMENTALISATION DU BALLON ROND</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LA FABRIQUE DE L’ETRANGER : QUAND L’ARC-EN-CIEL SUD-AFRICAIN SE TEINTE DE XENOPHOBIE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 15:49:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le township de Diepsloot, au nord de Johannesburg, les traces de l’incendie sont encore visibles sur les tôles ondulées. En avril 2022, sept jeunes Zimbabwéens y ont été brûlés vifs, lynchés par une foule armée de pierres et de bidons d’essence. Leur crime ? Être nés de l’autre côté du Limpopo, dans un pays [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Dans le township de Diepsloot, au nord de Johannesburg, les traces de l’incendie sont encore visibles sur les tôles ondulées. En avril 2022, sept jeunes Zimbabwéens y ont été brûlés vifs, lynchés par une foule armée de pierres et de bidons d’essence. Leur crime ? Être nés de l’autre côté du Limpopo, dans un pays que les frustrations locales désignent désormais comme la source de tous les maux : chômage endémique, criminalité galopante, services publics défaillants. Ce drame, d’une brutalité insoutenable, n’est pas un épisode isolé. Il est le symptôme le plus aigu d’une pathologie profonde qui ronge la nation arc-en-ciel : la xénophobie afrophobe, ce rejet violent des ressortissants d’autres pays africains par une partie de la population noire sud-africaine, dans un silence assourdissant des autorités.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-1024x682.png" alt="" class="wp-image-7740" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-1024x682.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-300x200.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-768x512.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-330x220.png 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-420x280.png 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-615x410.png 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-860x573.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests-760x506.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/46f8e99_ftp-1-m2fwfii3bkse-2026-04-28t160203z-2032479606-rc28yka0qn5n-rtrmadp-3-safrica-protests.png 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La mécanique du bouc émissaire dans un État en échec</strong> </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="707" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-1024x707.png" alt="" class="wp-image-7741" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-1024x707.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-300x207.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-768x530.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-860x593.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333-760x524.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/13333.png 1100w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Pour saisir la racine du mal, il faut plonger dans les chiffres d’une gouvernance socio-économique en faillite. L’Afrique du Sud est, de loin, le pays le plus inégalitaire au monde, avec un coefficient de Gini supérieur à 0,65. Selon <strong>Statistics South Africa</strong>, le taux de chômage officiel a atteint <strong>32,9 %</strong> au premier trimestre 2024, mais la réalité est plus brutale encore : en utilisant la définition élargie qui inclut les travailleurs découragés ayant renoncé à chercher un emploi, ce taux culmine à <strong>41,9 %</strong>. Chez les jeunes de 15 à 34 ans, il dépasse les <strong>60 %</strong>. Ce désastre social frappe de manière disproportionnée la majorité noire, pour qui la promesse de libération économique post-apartheid, formulée il y a trente ans par l’ANC, reste une chimère.</p><p>Dans ce contexte de rareté et de compétition pour des ressources en peau de chagrin, une rhétorique empoisonnée s’est imposée : celle de l’étranger voleur d’emplois, du migrant délinquant, du dealer nigérian. Elle est distillée par des leaders d’opinion populistes, des syndicalistes en quête de boucs émissaires faciles, et même des figures politiques de premier plan. L’opération «&nbsp;<em><u>Dudula</u></em>&nbsp;» («&nbsp;repousser&nbsp;» en zoulou), mouvement né en 2021, a systématisé la chasse aux migrants africains, organisant des descentes dans les commerces tenus par des étrangers et des barrages illégaux. Son discours est simple : les Nigérians contrôlent le trafic de drogue, les Pakistanais et Bangladais tiennent les épiceries, les Zimbabwéens acceptent des salaires de misère. Tous «&nbsp;volent&nbsp;» ce qui revient de droit aux Sud-Africains.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Les données d’une violence ciblée</strong> </p><p>Les organisations de défense des droits humains documentent une violence qui ne relève pas de l’explosion sporadique, mais bien d’une persécution systémique. L’<strong>ONG Xenowatch</strong>, basée à l’<strong>Université du Witwatersrand</strong>, a recensé depuis 1994 plus de 600 incidents xénophobes majeurs, causant la mort d’au moins 500 personnes et le déplacement de plus de 100 000 autres. Les pics de violence de 2008 (62 morts) et de 2019 (plus de 10 morts) ont marqué la conscience internationale, mais la violence de basse intensité est continue. Le rapport 2023 de <strong>Human Rights Watch</strong> souligne une augmentation de 27 % des agressions ciblant des ressortissants africains dans les provinces de Gauteng et du KwaZulu-Natal. Les Ghanéens, Nigérians, Zimbabwéens et Congolais sont les premières cibles. Le « profilage par l’accent » ou par le nom de famille est une pratique courante lors d’interpellations policières ou d’accès aux soins d’urgence. </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="652" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-1024x652.png" alt="" class="wp-image-7742" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-1024x652.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-300x191.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-768x489.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-860x548.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des-760x484.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/1444x920_une-manifestation-a-johannesburg-en-afrique-du-sud-ensanglantee-depuis-trois-semaines-par-des.png 1444w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Ce qui est le plus frappant, c’est la nature intra-raciale de cette violence. Ici, ce ne sont pas des suprémacistes blancs qui agressent des Noirs, mais des Noirs sud-africains qui s’en prennent à d’autres Noirs, perçus comme des « aliens ». La nationalité est devenue le marqueur identitaire ultime, fracturant le panafricanisme de façade affiché par la rhétorique officielle de l’ANC. Cette xénophobie afrophobe est le révélateur d’une crise plus profonde de la citoyenneté : à qui appartient la nation sud-africaine ? Le pacte social post-apartheid n’ayant pas tenu ses promesses économiques, une partie de la population redessine les frontières de la légitimité sur des bases ethnicisées et nationalistes.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le silence calculé des autorités</strong></p><p>Face à ce fléau, la réponse de l’État sud-africain oscille entre déni, complaisance cynique et incompétence chronique. Le président Cyril Ramaphosa, qui se veut le champion d’un «&nbsp;renouveau africain&nbsp;» sur la scène continentale, s’est longtemps muré dans un silence révélateur. Lors des flambées de violence, ses déclarations condamnent poliment «&nbsp;les actes criminels&nbsp;», sans jamais nommer frontalement la xénophobie, ni engager la responsabilité morale de son gouvernement. Ce refus de nommer le mal est un acte politique en soi.</p><p>Ce silence est doublé d’une inaction policière et judiciaire quasi systématique. Un rapport accablant de la Fondation Ahmed Kathrada, publié en 2023, montre que sur 500 meurtres xénophobes documentés, moins de 10 % ont abouti à une condamnation. Les forces de l’ordre sont souvent accusées d’être elles-mêmes des vecteurs de violence, procédant à des arrestations arbitraires dans les communautés migrantes et extorquant des pots-de-vin. Pendant les émeutes meurtrières de juillet 2021, qui ont fait plus de 350 morts, de nombreux témoignages ont fait état de la participation active de policiers aux pillages ciblant les commerçants étrangers.</p><p>Au niveau institutionnel, le ministère de l’Intérieur, dirigé par Aaron Motsoaledi, a fait de la xénophobie une politique d’État à bas bruit. La décision de ne pas renouveler les permis de séjour spéciaux pour près de 180 000 Zimbabwéens, qui vivent légalement dans le pays depuis plus d’une décennie, est une bombe à retardement humanitaire. Ces Zimbabwe Exemption Permits, en voie d’extinction, jettent dans l’illégalité et la précarité des familles entières, les livrant sans défense à l’exploitation patronale et à la vindicte populaire. C’est la violence structurelle de l’État qui vient légitimer la violence physique de la rue.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>L’échec d’une gouvernance à dépasser l’ethnicisme</strong></p><p>L’ANC, autrefois fer de lance du combat contre l’oppression raciale, est aujourd’hui un parti en déliquescence morale et stratégique. Incapable de réformer une économie extractive qui ne crée pas d’emplois pour la masse de sa population peu qualifiée, il préfère détourner la colère sociale vers des cibles vulnérables. La stratégie est vieille comme le national-populisme : externaliser la cause de l’échec gouvernemental. Les migrants africains sont le paratonnerre d’une gouvernance en faillite.</p><p>Cette défaillance est aggravée par un discours d’excuse culturelle. Une partie de l’intelligentsia décoloniale sud-africaine, d’ordinaire si prompte à déconstruire les héritages coloniaux, reste étrangement silencieuse sur le sujet. Pis, certains justifient cette xénophobie comme une conséquence «&nbsp;compréhensible&nbsp;» de l’oppression blanche, une sorte de chaîne de violence où le faible s’en prend au plus faible. Ce misérabilisme intellectuel dénie aux victimes africaines leur humanité pleine et entière.</p><p>L’Afrique du Sud est à un tournant. La promesse de 1994 n’est pas seulement trahie par la corruption et l’incompétence, elle est désormais souillée par le sang de frères africains versé dans les rues de Soweto et d’Alexandra. La nouvelle Afrique du Sud, celle de la jeunesse qui n’a pas connu l’apartheid et pour qui les figures historiques de l’ANC ne sont que des statues lointaines, construit son identité sur le ressentiment. Sans un sursaut politique majeur qui s’attaque aux racines inégalitaires du pays et qui ose éduquer la population contre ce poison, l’arc-en-ciel sud-africain ne sera bientôt plus qu’une nuance de noir, repliée sur elle-même et hostile à tout ce qui lui est extérieur. Le rêve de Mandela s’éloigne, étouffé par les fumées toxiques des pneus brûlés sous lesquels on lynche, en plein jour, des damnés de la terre.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/la-fabrique-de-letranger-quand-larc-en-ciel-sud-africain-se-teinte-de-xenophobie/">LA FABRIQUE DE L’ETRANGER : QUAND L’ARC-EN-CIEL SUD-AFRICAIN SE TEINTE DE XENOPHOBIE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<item>
		<title>GUERRE FROIDE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DÉCLARÉE : L’AFRIQUE ET LA FRANCOPHONIE FACE AU RISQUE D’UNE NOUVELLE COLONISATION NUMÉRIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 14:43:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle n’est plus une abstraction diplomatique. Derrière les sommets et les codes de conduite, une compétition brutale pour la souveraineté technologique est engagée. Les langues, les données et les semi-conducteurs y pèsent aussi lourd que les ressources énergétiques. Dans ce champ de forces, l’Afrique et l’espace francophone risquent de rester [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle n’est plus une abstraction diplomatique. Derrière les sommets et les codes de conduite, une compétition brutale pour la souveraineté technologique est engagée. Les langues, les données et les semi-conducteurs y pèsent aussi lourd que les ressources énergétiques. Dans ce champ de forces, l’Afrique et l’espace francophone risquent de rester des consommateurs sans voix ; à moins de transformer les discours en infrastructures.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-1024x576.png" alt="" class="wp-image-7726" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-1024x576.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-300x169.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-768x432.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-1536x864.png 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-860x484.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9-760x428.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/9.png 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Une concentration inédite des ressources</strong></p><p>Les données objectives dessinent une asymétrie structurelle. Selon le <strong>AI Index Report 2024</strong> de l’Université Stanford, les investissements privés mondiaux en IA ont atteint <strong>189,2 milliards de dollars</strong> en 2023. Les États-Unis en concentrent <strong>67,2 milliards (35,5 %)</strong>, tandis que la Chine, en net recul par rapport à 2022, ne représente plus que <strong>7,8 milliards</strong>. Le continent africain, dans son ensemble, pèse moins de <strong>0,5 %</strong> de ces flux, une part si marginale qu’elle ne figure pas dans les principaux agrégats du rapport. L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques recense plus de 70 stratégies nationales d’IA dans le monde. Sur le continent, le République de Maurice a ouvert la voie en 2018, suivi par l’Égypte, le Kenya, le Rwanda, le Ghana, le Sénégal et l’Afrique du Sud. L’Union africaine travaille à une stratégie continentale, mais les capacités de mise en œuvre restent très inégales.</p><p>La chaîne des semi-conducteurs avancés, indispensables à l’entraînement des modèles les plus performants, illustre cette concentration. L’entreprise taïwanaise Taiwan Semiconductor Manufacturing Company fabrique environ <strong>90 %</strong> des puces de pointe. Le <strong>CHIPS and Science Act américain</strong> a, en août 2022, mobilisé <strong>52,7 milliards de dollars </strong>de subventions pour tenter de relocaliser une partie de cette production. Aucune capacité de fabrication de semi-conducteurs avancés n’existe en Afrique.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>L’AI Act européen et l’« effet Bruxelles »</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="701" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-1024x701.jpg" alt="" class="wp-image-7727" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-1024x701.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-300x205.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-768x526.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-1536x1052.jpg 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-2048x1403.jpg 2048w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-860x589.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/06/Banderas_europeas_en_la_Comision_Europea-760x520.jpg 760w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Adopté le <strong>21 mai 2024 </strong>par le Conseil de l’UE et publié au Journal officiel le <strong>12 juillet 2024</strong>, le règlement européen sur l’intelligence artificielle constitue le premier cadre juridique contraignant pour un marché de <strong>450 millions de consommateurs</strong>. Son application est graduelle : les interdictions de certaines pratiques entrent en vigueur en février 2025, les obligations pour les systèmes à haut risque en août 2026. Un Bureau de l’IA a été créé au sein de la Commission le <strong>29 mai 2024 </strong>pour en superviser la mise en œuvre.</p><p>L’« effet Bruxelles »&nbsp;: cette capacité de l’UE à influencer les normes mondiales par la taille de son marché, déjà documentée avec le Règlement Général sur la Protection des Données est à l’œuvre. Les États-Unis, avec l’Executive Order du 30 octobre 2023, et la Chine, avec ses réglementations sectorielles (algorithmes de recommandation en 2022, IA générative en 2023), proposent des modèles alternatifs. Mais pour de nombreux acteurs internationaux, anticiper la conformité à l’AI Act devient une nécessité commerciale. Ce cadre pourrait devenir un standard de fait, au risque d’exclure les pays du Sud qui n’auraient pas les moyens techniques et juridiques de s’y aligner.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le problème documenté des langues africaines</strong></p><p>La sous-représentation des langues du continent dans les systèmes d’IA est un fait scientifique établi. Le collectif panafricain <strong>Masakhane</strong>, fondé en 2019, a démontré, dans une étude publiée en 2020 par <strong>Transactions of the Association for Computational Linguistics</strong>, l’absence massive des langues africaines des corpus d’entraînement. Des chercheurs comme <strong>Vukosi Marivate</strong> (Université de Pretoria, cofondateur de Masakhane) ou David Ifeoluwa Adelani (McGill University) ont produit une base documentaire solide qui montre que les modèles multilingues les plus diffusés échouent sur des tâches de base dans des langues comme le wolof, le bambara ou le lingala.</p><p>Le français, quatrième langue d’internet, voit sa part dans les données d’entraînement des grands modèles de langage stagner entre <strong>2 et 4 %</strong>. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) alertait dès 2022 sur l’enjeu de « découvrabilité » des contenus francophones en ligne. En mars 2024, la Conférence ministérielle de la Francophonie sur le numérique, tenue à Québec, a abouti à une déclaration promouvant « <em>une intelligence artificielle éthique, inclusive et respectueuse de la diversité linguistique et culturelle</em> ». Les engagements financiers annoncés restent néanmoins sans commune mesure avec les investissements des géants du secteur : la même année, Microsoft annonçait <strong>3,2 milliards d’euros</strong> pour l’IA en Allemagne et 4 milliards en France.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Initiatives concrètes mais sous-financées</strong></p><p>Plusieurs projets tentent de combler le fossé. Le modèle <strong>AfriBERTa</strong> (2021), entraîné sur 11 langues africaines par des chercheurs de l’Université de Pretoria et de Google Research Accra, a démontré qu’il était possible d’atteindre des performances honorables avec des corpus modestes. Au Rwanda, un partenariat signé en 2023 avec <strong>OpenAI</strong> explore l’usage de ChatGPT en kinyarwanda. En Côte d’Ivoire, l’Agence de régulation des télécommunications (ARTCI) a engagé des consultations sur la régulation de l’IA, mais le pays ne dispose, en 2025, que d’un centre de données principal (Orange Côte d’Ivoire) et d’aucune infrastructure de calcul haute performance dédiée à l’IA.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La sécurité de l’IA, un club qui exclut le Sud</strong></p><p>Le premier sommet sur la sécurité de l’IA s’est tenu à Bletchley Park (Royaume-Uni) les 1er et 2 novembre 2023, réunissant 28 pays dont les États-Unis et la Chine. La déclaration finale reconnaît le potentiel de « dommages catastrophiques ». Un second sommet, co-organisé avec la Corée du Sud à Séoul les 21 et 22 mai 2024, a élargi la participation à 16 entreprises signataires d’engagements volontaires de sécurité. Un réseau d’instituts de sécurité de l’IA s’est constitué (Royaume-Uni, États-Unis, Japon, Canada, Corée du Sud, Singapour, Union européenne). <strong>Aucun pays africain n’en est membre fondateur ni ne dispose d’un tel institut</strong>. Cette absence est d’autant plus problématique que les pays du Sud sont en première ligne face à la désinformation amplifiée par l’IA générative, comme l’a montré le recours aux deepfakes lors des élections nigérianes de 2023, documenté par le Center for Democracy and Development (CDD) d’Abuja.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le mur infrastructurel</strong></p><p>Le fossé matériel est abyssal. Selon les données compilées par Cloudscene et Statista en 2024, les États-Unis comptent plus de 5 300 centres de données, suivis par le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine et le Canada. Aucun pays africain n’apparaît dans le top 20 mondial. L’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya concentrent l’essentiel des infrastructures du continent, mais leur nombre cumulé reste inférieur à celui d’un pays européen de taille moyenne. L’absence de puissance de calcul locale contraint à stocker et traiter les données africaines sur des serveurs situés en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie, ce qui soulève des questions de souveraineté, de latence et de coût. La Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) soulignaient en 2023 l’insuffisance criante des investissements dans les infrastructures numériques du continent.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le temps de l’éveil : entre mots et béton</strong></p><p>Le diagnostic est sans appel. L’Afrique et l’espace francophone disposent d’atouts réels&nbsp;: une population jeune, une diversité linguistique qui pourrait devenir un avantage compétitif, des initiatives de recherche prometteuses. Mais ces atouts ne se convertiront en puissance qu’à trois conditions : des investissements massifs dans les infrastructures de calcul, le déploiement de programmes de formation de spécialistes en IA et en science des données, et la constitution de vastes jeux de données publiques en langues locales.</p><p>Or, pour l’heure, le fossé entre les déclarations politiques et les moyens déployés reste abyssal. Le Premier ministre ivoirien, <strong>BEUGRÉ MAMBÉ</strong> affirme vouloir faire de son pays un « <em>leader de l’IA en Afrique</em> », mais la Côte d’Ivoire ne possède qu’un seul centre de données et aucune infrastructure de calcul dédiée à l’IA. Ce décalage est la règle, non l’exception. L’histoire se répète cruellement : du partage de Berlin en 1885 aux grandes négociations climatiques, le continent a trop souvent regardé passer des trains qu’il n’avait pas contribué à construire. La guerre froide de l’IA risque de reproduire ce schéma : un nouveau dépècement des ressources, où les empires technologiques se distribuent marchés et influences, tandis que les pays africains sont priés de consommer des outils et des langues qui ne sont pas les leurs.</p><p>Se cacher derrière des discours sans poids ni suite ne sert à rien. Pour échapper à une nouvelle colonisation numérique, l’Afrique doit se positionner non en mots, mais en béton, en serveurs, en laboratoires et en formations. Cela suppose de décupler les investissements dans la recherche, de construire des data centers souverains, de financer l’annotation de données en langues locales, et de refuser d’être un simple marché sans voix. L’histoire de la régulation de l’IA est en train de s’écrire. Le moment pour les 321 millions de francophones et les centaines de millions d’Africains de se faire entendre est maintenant — à condition de bâtir, et pas seulement de discourir.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/guerre-froide-de-lintelligence-artificielle-declaree-lafrique-et-la-francophonie-face-au-risque-dune-nouvelle-colonisation-numerique/">GUERRE FROIDE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE DÉCLARÉE : L’AFRIQUE ET LA FRANCOPHONIE FACE AU RISQUE D’UNE NOUVELLE COLONISATION NUMÉRIQUE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>RÉSURRECTION GHANÉENNE : LA DISCIPLINE DÉMOCRATIQUE AU SERVICE DU SAUVETAGE ÉCONOMIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 16:15:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le récit souvent chaotique de la gouvernance ouest-africaine, le Ghana fait figure d&#8217;exception qui confirme la règle. Démocratie parmi les plus stables du continent, le pays a pourtant frôlé le gouffre financier en 2022, victime des mêmes démons que ses pairs : déséquilibres macroéconomiques, mauvaise gestion de la dette et chocs externes. Mais en [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Dans le récit souvent chaotique de la gouvernance ouest-africaine, le Ghana fait figure d&#8217;exception qui confirme la règle. Démocratie parmi les plus stables du continent, le pays a pourtant frôlé le gouffre financier en 2022, victime des mêmes démons que ses pairs : déséquilibres macroéconomiques, mauvaise gestion de la dette et chocs externes. Mais en 2025, l&#8217;histoire qui s&#8217;écrit depuis Accra est celle d&#8217;un sauvetage économique spectaculaire, orchestré sous la houlette d&#8217;un FMI inflexible et d&#8217;une transition politique pacifique qui force le respect. Là où plusieurs États de la sous-région s&#8217;enfoncent dans l&#8217;instabilité et la prédation des ressources, le Ghana tente de transformer son boom aurifère en un levier de stabilisation macroéconomique. Reste une question lancinante : la reprise des équilibres financiers suffira-t-elle à panser les fractures sociales et à conjurer la stagnation de la gouvernance ?</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="731" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-1024x731.jpg" alt="" class="wp-image-7698" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-1024x731.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-300x214.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-768x548.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-860x614.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x-760x543.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/BRVMC0_ec9a20d0-d32a-4843-9930-cb98536aa844_x.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong>Le sauvetage de l&#8217;économie : une purge sous haute surveillance</strong></p><p>L&#8217;année 2022 a agi comme un électrochoc. L&#8217;inflation galopante, une monnaie en chute libre et un ratio d&#8217;endettement culminant à 92,4 % du PIB ont contraint le Ghana à faire défaut sur l&#8217;essentiel de sa dette extérieure et à se tourner vers le FMI, obtenant un programme de 3 milliards de dollars sur trois ans.</p><p>Deux ans plus tard, les résultats confinent au miracle économique. La croissance du PIB réel s&#8217;est accélérée pour atteindre 6 % en 2025, portée par les services et l&#8217;agriculture. La purge monétaire et le retour de la confiance ont permis une décrue historique de l&#8217;inflation, passée de 23,8 % fin 2024 à 5,8 % en 2025, pour s&#8217;établir à un niveau remarquable de 3,2 % en mars 2026. Symbole de cette stabilisation, le cedi ghanéen s&#8217;est apprécié de plus de 40 % face au dollar américain en 2025.</p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="391" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-1024x391.png" alt="" class="wp-image-7699" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-1024x391.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-300x114.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-768x293.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-860x328.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26-760x290.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.55.26.png 1326w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>La purge monétaire et la décrue de l’inflation&nbsp;: le cedi ghanéen s’est apprécié de plus de 40% face au dollar en 2025.</p><p>Sur le front budgétaire, le gouvernement de <strong>JOHN MAHAMA</strong> a infligé une cure d&#8217;austérité sévère, transformant un déficit primaire en un excédent primaire de 2,6 % du PIB en 2025, bien au-delà des objectifs fixés avec le FMI. La restructuration de la dette, couvrant plus de 95 % de l&#8217;encours total, a porté ses fruits. La dette publique a ainsi fondu de 61,8 % à 45,3 % du PIB entre 2024 et 2025, pulvérisant avec plusieurs années d&#8217;avance l&#8217;objectif initial de 45 % fixé pour&#8230; 2034. </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="345" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-1024x345.png" alt="" class="wp-image-7700" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-1024x345.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-300x101.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-768x259.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-860x290.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39-760x256.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.39.png 1400w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Cette discipline a restauré la crédibilité internationale du pays, illustrée par le relèvement de sa note souveraine par les agences de notation et par l&#8217;accumulation de réserves de change historiques, grimpant à près de 14,5 milliards de dollars en février 2026, soit près de 6 mois d&#8217;importations. </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="399" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-1024x399.png" alt="" class="wp-image-7701" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-1024x399.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-300x117.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-768x299.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-860x335.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49-760x296.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.49.png 1298w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le 15 mai 2026, Accra a pu annoncer avec fierté la conclusion officielle de son programme de renflouement avec le FMI, un jalon qui semblait inimaginable trois ans plus tôt.</p><p><strong>L&#8217;éthique démocratique comme socle du redressement</strong></p><p>Le sauvetage ghanéen contraste avec les dérives observées ailleurs en Afrique de l&#8217;Ouest, où les crises économiques et sécuritaires ont trop souvent servi de prétexte à des coups d&#8217;État ou à des révisions constitutionnelles opportunistes. Du Mali au Burkina Faso, en passant par la Guinée, la tentation autoritaire a prospéré sur le terreau de l&#8217;instabilité. Le Ghana, lui, a offert en 2024-2025 une leçon de maturité politique. La transition entre l&#8217;administration <strong>Akufo-Addo</strong> et le président élu <strong>JOHN DRAMANI MAHAMA</strong> s&#8217;est opérée de manière exemplaire, le sortant félicitant son successeur et s&#8217;engageant à un transfert de pouvoir sans accroc.</p><p>Cette normalité démocratique a été un actif essentiel. Elle a permis au nouveau gouvernement de prendre à bras-le-corps un programme FMI qui avait « <em>déraillé</em> » fin 2024 en raison de dérapages budgétaires préélectoraux, et de le « <em>recalibrer</em> » par des mesures fiscales frontales. Là où, dans plusieurs capitales voisines, les élites se disputent le contrôle des rentes extractives au détriment de l&#8217;intérêt général, le Ghana a démontré que l&#8217;alternance démocratique pouvait être un mécanisme d&#8217;arbitrage et de correction des politiques publiques, renforçant la confiance des créanciers et des investisseurs.</p><p><strong>Le boom aurifère : une aubaine bien négociée</strong></p><p>Le redressement des comptes extérieurs doit beaucoup à une conjoncture exceptionnelle. Le Ghana a engrangé des recettes d&#8217;exportation record de 31,1 milliards de dollars en 2025, contre 19,1 milliards un an plus tôt. L&#8217;or, dont les revenus ont plus que doublé à 20 milliards de dollars (contre 10,3 milliards en 2024), a joué le rôle de pilier central de cette embellie. </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="375" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-1024x375.png" alt="" class="wp-image-7702" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-1024x375.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-300x110.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-768x281.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-860x315.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59-760x279.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.56.59.png 1288w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Evolution des revenus de l’or, de <strong>20 Milliards de dollars en 2025</strong> contre <strong>10 Milliards de dollars en 2024</strong>. Cette manne a été en partie canalisée par des réformes de traçabilité et de gouvernance, notamment via le « <em>Ghana Gold Board</em> » (GoldBod), qui a permis d&#8217;améliorer la captation des recettes par l&#8217;État. Le cacao a également contribué à la fête, avec des recettes doublées à 3,8 milliards de dollars.</p><p>Mais cette concentration extrême des exportations&nbsp;: l&#8217;or, le cacao et le pétrole représentant plus des trois quarts du total, expose le pays à la volatilité des cours mondiaux. La chute des revenus pétroliers à 2,6 milliards de dollars en 2025, contre 3,8 milliards en 2024, en est le rappel cruel.</p><p><strong>Les défis structurels : le verrou de la corruption et le poison de la pauvreté rurale</strong></p><p>Si la macroéconomie affiche une santé retrouvée, la gouvernance et le développement humain restent les parents pauvres de cette renaissance. La lutte contre la corruption, en particulier, semble figée. Le score du Ghana à <strong>l&#8217;Indice de Perception de la Corruption (IPC)</strong> 2025 stagne à 43 sur 100, un niveau quasi inchangé depuis six ans. Le pays a même rétrogradé au 76e rang mondial sur 182 pays, là où il culminait à 48 points en 2014. </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="221" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-1024x221.png" alt="" class="wp-image-7703" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-1024x221.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-300x65.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-768x166.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-860x186.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12-760x164.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.12.png 1304w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong>Transparency</strong> International déplore des « <em>faiblesses persistantes en matière d&#8217;application de la loi, de responsabilité politique et d&#8217;efficacité institutionnelle</em> ». Le recours à des règlements à l&#8217;amiable (les « 60 :40 settlements ») dans des affaires de corruption impliquant des membres du gouvernement alimente un sentiment d&#8217;impunité. Ce plafond de verre de la gouvernance, bien que moins dramatique que dans d&#8217;autres nations ouest-africaines classées en queue de peloton, n&#8217;en demeure pas moins un frein puissant à l&#8217;approfondissement démocratique. Le développement humain, quant à lui, est un puits d&#8217;inégalités. Le Ghana se classe dans la catégorie « <em>développement humain moyen</em> » avec un IDH de 0,628 en 2023. Mais cet indice chute à 0,399 lorsqu&#8217;il est ajusté aux inégalités, révélant une perte de 36 % du potentiel de développement en raison des disparités. La pauvreté multidimensionnelle touche encore 21,9 % de la population au troisième trimestre 2025, avec un fossé abyssal entre les zones rurales (31,9 %) et urbaines (14,2 %). </p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="492" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-1024x492.png" alt="" class="wp-image-7704" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-1024x492.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-300x144.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-768x369.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-860x414.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27-760x365.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-13.57.27.png 1306w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Les régions du Nord-Est et de Savannah culminent à plus de 50 % de pauvreté, un tableau qui rappelle les fractures territoriales à l&#8217;œuvre dans plusieurs pays du Sahel ou du golfe de Guinée, où la marginalisation du nord rural nourrit l&#8217;instabilité.</p><p>Enfin, le secteur énergétique reste un boulet. La dette accumulée du secteur de l&#8217;électricité est estimée à 3,1 milliards de dollars, et il faudrait 3,7 milliards pour apurer l&#8217;ensemble des arriérés, une épée de Damoclès pour les finances publiques.</p><p><strong>L&#8217;impératif d&#8217;une croissance inclusive</strong></p><p>Le Ghana a administré la preuve éclatante qu&#8217;une démocratie fonctionnelle et une gouvernance économique déterminée peuvent sortir un pays du précipice. L&#8217;assainissement macroéconomique et la restructuration de la dette sont des succès indéniables. Cependant, la tâche est loin d&#8217;être achevée. Le défi du président MAHAMA est désormais de transformer cet « <em>ajustement réussi</em> » en un « <em>développement partagé</em> ». Cela exigera de convertir le boom de l&#8217;or en investissements productifs, de briser le plafond de verre de la corruption qui érode la confiance, et surtout, de s&#8217;attaquer aux inégalités territoriales et au sous-développement du nord du pays. Faute de quoi, les superbes agrégats économiques continueront de masquer la réalité d&#8217;une nation qui avance à deux vitesses, laissant sur le bord du chemin une grande partie de sa population rurale. Le Ghana a sauvé son économie ; il doit maintenant sauver son contrat social.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/resurrection-ghaneenne-la-discipline-democratique-au-service-du-sauvetage-economique/">RÉSURRECTION GHANÉENNE : LA DISCIPLINE DÉMOCRATIQUE AU SERVICE DU SAUVETAGE ÉCONOMIQUE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LA GUERRE DES NORMES : COMMENT L’EUROPE, LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS SE DISPUTENT L’ÂME VERTE DE L’AFRIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 10:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En cette année 2026, une bataille silencieuse mais d’une intensité historique se joue sous le sol africain. Elle ne concerne pas seulement les tonnes de cobalt, de lithium ou de terres rares qui rendront possible la transition énergétique mondiale. Il s’agit d’une guerre des normes, d’un affrontement entre trois visions de la gouvernance globale qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-1024x683.png" alt="" class="wp-image-7692" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-1024x683.png 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-300x200.png 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-768x512.png 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-330x220.png 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-420x280.png 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-615x410.png 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-860x573.png 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique-760x507.png 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/Mine-et-cartographie-energetique-numerique.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong><em>En cette année 2026, une bataille silencieuse mais d’une intensité historique se joue sous le sol africain. Elle ne concerne pas seulement les tonnes de cobalt, de lithium ou de terres rares qui rendront possible la transition énergétique mondiale. Il s’agit d’une guerre des normes, d’un affrontement entre trois visions de la gouvernance globale qui se cristallise autour d’un continent dont les choix définiront la géopolitique du XXIe siècle. Alors que la demande en minerais critiques explose, la question n’est plus de savoir qui exploitera les richesses de l’Afrique, mais selon quelles règles, avec quelle redistribution et au profit de quelle idée de la souveraineté.</em></strong></p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le grand écart réglementaire : Europe, Chine, États-Unis</strong></p><p>Le clivage est net. L&#8217;Union européenne, forte de son Règlement sur les matières premières critiques de 2024 et de son mécanisme d&#8217;ajustement carbone aux frontières, tente d’imposer un « extractivisme propre ». Bruxelles conditionne ses partenariats stratégiques avec la RDC, la Zambie ou la Namibie au respect de normes environnementales et sociales exigeantes, à la transparence des chaînes de valeur et à une transformation locale obligatoire d’une partie du minerai. Le discours est séduisant : une alliance de co-développement où l’Afrique ne serait plus un simple fournisseur de matières brutes.</p><p>À l’inverse, l’approche chinoise, héritée d’une décennie de Belt and Road Initiative, mise sur la rapidité, l’absence de conditionnalités politiques et des prêts massifs gagés sur les ressources. La Chine contrôle déjà plus de 70 % de la transformation mondiale des terres rares et étend son emprise par des contrats bilatéraux qui, selon un récent rapport du Crisis Group, incluent souvent des clauses de non-divulgation et un contrôle effectif sur l’exploitation. Pour un État africain confronté à une pression budgétaire immédiate, l’offre chinoise, dénuée de leçons de morale, conserve un attrait pragmatique certain.</p><p>Les États-Unis, sous l’impulsion de l’administration Trump puis de l’Inflation Reduction Act révisé, naviguent entre ces deux pôles. Leur stratégie, articulée autour du Minerals Security Partnership, cherche à briser le monopole chinois sur le raffinage tout en offrant un cadre moins contraignant que le carcan normatif européen. Pourtant, l’incapacité de Washington à offrir des garanties d’investissement public massives, dans un contexte de repli budgétaire post-électoral de 2026, affaiblit sa position. L’Afrique le perçoit : les Américains veulent les minerais, mais hésitent à payer pour la transformation locale qui créerait les emplois.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Souveraineté fragmentée : le dilemme de Lusaka</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="517" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-1024x517.jpg" alt="" class="wp-image-7694" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-1024x517.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-300x151.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-768x388.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-1536x776.jpg 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-2048x1034.jpg 2048w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-860x434.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/zambia-lusaka-skyline-min-760x384.jpg 760w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le cas zambien est emblématique de cette triangulation. Lusaka, l’une des capitales les plus endettées du continent, a signé en 2025 un mémorandum d’entente avec Bruxelles pour faire de la Zambie un hub régional de batteries électriques. En parallèle, les mêmes gisements de cuivre et de cobalt attirent des compagnies chinoises qui reprennent des mines en faillite, et des sociétés américaines qui proposent des accords d’exclusivité pour l’approvisionnement de Tesla ou des gigafactories du Michigan. Résultat : un éclatement de la souveraineté réglementaire. La même parcelle minière peut être soumise à trois régimes juridiques et normatifs distincts, rendant illusoire toute planification nationale cohérente.</p><p>Cette fragmentation nourrit ce que l’économiste camerounaise Célestin Monga appelle le « piège de l’hôte » : l’Afrique, en ouvrant ses portes à tous, s’expose à une concurrence prédatrice qui érode les standards au lieu de les élever. La guerre des normes devient une course vers le bas, où chaque puissance utilise l’opacité ou la contrainte pour sécuriser ses chaînes d’approvisionnement.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>L’ébauche d’une troisième voie africaine : l’Agence du Bassin du Congo</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-7693" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-1024x576.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-300x169.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-768x432.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-860x484.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835-760x428.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/large_landscape_235835.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Face à ce risque, une réponse africaine inédite émerge. En mars 2026, la création de l’Agence de Régulation des Minerais du Bassin du Congo (ARMBC), réunissant la RDC, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, marque un tournant conceptuel. Inspirée par les leçons de l’OPEP, cette agence vise à harmoniser les cadres contractuels, à imposer un prix-plancher régional pour le coltan et le cobalt, et à mutualiser les capacités de transformation. Son premier acte, un audit des contrats miniers en cours réalisé par un consortium de juristes panafricains, vise directement les clauses abusives héritées de la période de prédation.</p><p>L’ARMBC, encore fragile politiquement, exprime une aspiration claire : transformer la rivalité des grandes puissances en levier de négociation collective, et non plus en soumission individuelle. Comme le souligne un diplomate onusien dans les colonnes du Grand Continent, « l’Afrique n’est plus en demande d’aide, mais en offre de règles. La question est de savoir si les consommateurs de ses minerais sont prêts à en payer le juste prix, y compris le coût démocratique. »</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>L’équation de la dignité</strong></p><p>Le véritable enjeu de la gouvernance globale des ressources n’est pas géologique, il est politique. L’Europe, la Chine et les États-Unis projettent sur le continent leurs propres insécurités industrielles et leurs modèles de société. Mais pour la première fois, une architecture africaine de gouvernance des ressources, certes balbutiante, tente de rompre avec le cycle historique de l’extraversion. La guerre des normes pourrait paradoxalement accoucher d’une norme africaine commune, seule garantie pour que la transition énergétique mondiale ne soit pas un nouveau chapitre de l’extractivisme colonial, mais un fondement de souveraineté partagée. Le verdict n’est pas encore écrit, mais les capitales du Nord feraient bien d’écouter le murmure qui monte du Sud.</p><p></p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/la-guerre-des-normes-comment-leurope-la-chine-et-les-etats-unis-se-disputent-lame-verte-de-lafrique/">LA GUERRE DES NORMES : COMMENT L’EUROPE, LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS SE DISPUTENT L’ÂME VERTE DE L’AFRIQUE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LE DILEMME DE LOMÉ : COMMENT LA NOUVELLE BANQUE DE DÉVELOPPEMENT REDESSINE LA SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE AFRICAINE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 15:39:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le théâtre de la gouvernance mondiale, l’année 2026 marque un tournant silencieux. Alors que l’architecture de Bretton Woods, érigée en 1944 sur les cendres de la guerre, montre des signes de paralysie, un nouvel axe se consolide. La lutte pour l’avenir de la finance mondiale ne se joue plus seulement à Washington ou à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="870" height="580" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1.jpeg" alt="" class="wp-image-7669" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1.jpeg 870w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-300x200.jpeg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-768x512.jpeg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-330x220.jpeg 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-420x280.jpeg 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-615x410.jpeg 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-860x573.jpeg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-1-760x507.jpeg 760w" sizes="auto, (max-width: 870px) 100vw, 870px" /></figure><p class="has-text-align-left"><em>Dans le théâtre de la gouvernance mondiale, l’année 2026 marque un tournant silencieux. Alors que l’architecture de Bretton Woods, érigée en 1944 sur les cendres de la guerre, montre des signes de paralysie, un nouvel axe se consolide. La lutte pour l’avenir de la finance mondiale ne se joue plus seulement à Washington ou à Bruxelles, mais aussi à Addis-Abeba, au Caire et à Johannesburg. L’élargissement des BRICS+ ne constitue pas une simple manœuvre diplomatique ; il est le symptôme d’une transformation structurelle où le continent africain, longtemps objet de la charité ou de la conditionnalité, tente de devenir un sujet souverain de l’ordre économique international. Mais à quel prix ?</em></p><p><strong>L’impasse de l’héritage occidental</strong></p><p>Les institutions de Bretton Woods : le FMI et la Banque mondiale, sont prises dans une contradiction historique. Conçues pour stabiliser un monde bipolaire puis unipolaire, elles échouent à intégrer les revendications de légitimité du « Sud global ». La voix de l’Afrique, bien que démographiquement dominante, y reste structurellement marginalisée par des droits de vote pondérés par le capital. Comme le souligne une analyse récente du <strong>CIDOB</strong>, les réformes de quotas au FMI restent cosmétiques, malgré la rétrocession volontaire de 100 milliards de dollars de Droits de Tirage Spéciaux durant la pandémie.</p><p>Face à ce mur de verre, la fracture n’est plus seulement technique, elle est existentielle. Les dirigeants africains ne critiquent plus seulement les taux d’intérêt prohibitifs ou les conditionnalités austéritaires ; selon l’<strong>Observer ougandais</strong>, ils remettent en cause les fondations épistémologiques d’un système conçu sans leur participation. Le modèle de l’aide publique au développement vacille, mis en scène par les coupes drastiques des donateurs européens et américains de 2025, redirigeant l’argent du développement vers l’effort de guerre.</p><p><strong>La Nouvelle Banque de Développement : miroir des ambitions et des tourments africains</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57.jpeg" alt="" class="wp-image-7670" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57.jpeg 1000w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-300x200.jpeg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-768x512.jpeg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-330x220.jpeg 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-420x280.jpeg 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-615x410.jpeg 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-860x574.jpeg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.16.57-760x507.jpeg 760w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure><p>Dans cette brèche, la Nouvelle Banque de Développement (NDB) des BRICS, fondée en 2014 et revitalisée par l’élargissement de 2023, se présente comme le fer de lance de l’alternative. L’entrée de l’Égypte et de l’Éthiopie dans le bloc <strong>BRICS+</strong> modifie la physique du pouvoir. L’Afrique n’est plus un simple invité, mais un actionnaire d’un système parallèle promettant des prêts sans les conditionnalités politiques hégémoniques.</p><p>Cependant, cette adhésion révèle une asymétrie profonde entre les intérêts africains. Le sommet de Kazan en 2024 a brillé par sa rhétorique anti-occidentale, mais a échoué à produire un consensus sur les instruments économiques concrets, notamment le système de paiement alternatif à SWIFT. Pire, le récent échec des BRICS à Rio de Janeiro, en avril 2026, à s’accorder sur un communiqué commun sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, expose les fissures internes du bloc. Les nouveaux membres africains, en désaccord sur la question du siège permanent pour l’Afrique du Sud, ont prouvé que le Sud global n’est pas un bloc homogène, mais un champ de rivalités régionales intenses.</p><p><strong>Souveraineté stratégique ou nouvelle dépendance ?</strong></p><p>C’est là que réside le dilemme pour l’Afrique : le risque de passer d’une dépendance verticale envers l’Occident à une dépendance horizontale envers la Chine. Pékin, principal architecte de cette nouvelle architecture avec la NDB et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), dispose d’un droit de veto de fait sur les grandes orientations. L’approche « businesslike » de ces nouvelles banques, vantée pour son absence de leçons de morale démocratique, remplace les conditionnalités politiques par des hypothèques sur les ressources naturelles.</p><p>Le cas de la République Démocratique du Congo est emblématique de ce basculement. L’actualité de 2026 montre comment des accords de paix fragiles, adossés à l’exploitation minière par des puissances extérieures, créent une géopolitique de la prédation déguisée en coopération. L’Afrique vend ses minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique verte ; dans un système où les règles de l’échange inégal sont reproduites, mais avec de nouveaux maîtres du jeu.</p><p><strong>La troisième voie européenne : un pont fragile</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="549" height="364" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.32.15.jpeg" alt="" class="wp-image-7672" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.32.15.jpeg 549w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.32.15-300x199.jpeg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/WhatsApp-Image-2026-05-22-at-15.32.15-330x220.jpeg 330w" sizes="auto, (max-width: 549px) 100vw, 549px" /></figure><p>Face à ce grand échiquier, l’Union européenne tente une synthèse délicate. Comme l’analyse le chercheur <strong>Víctor Burguete</strong>, l’UE a historiquement soutenu la rhétorique de la réforme financière, mais s’oppose aux mécanismes qui éroderaient ses privilèges. Le « <strong>Compromis de Séville</strong> » de 2025, avec ses clauses de pause de la dette et ses coalitions pour la solidarité fiscale, reste trop timide pour endiguer la fuite des pays africains vers les BRICS. Pire, en exemptant les multinationales américaines de l’impôt minimum mondial ou en adoptant un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières perçu comme protectionniste, l’Europe risque de braquer définitivement les capitales africaines.</p><p><strong>Vers une multipolarité fragmentée</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="711" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-1024x711.jpeg" alt="" class="wp-image-7671" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-1024x711.jpeg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-300x208.jpeg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-768x533.jpeg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-860x597.jpeg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI-760x528.jpeg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/05/FMI.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Dans cette reconfiguration, l’Afrique n’est plus un terrain vague géopolitique. Elle utilise la rivalité entre l’ancien ordre de Bretton Woods et l’ordre émergent des BRICS+ comme un levier de négociation inédit. Pourtant, sans une unité continentale que le fiasco de Rio sur le siège au Conseil de sécurité remet en cause, le risque est grand de voir les États africains devenir les variables d’ajustement d’une nouvelle guerre froide financière. La vraie bataille pour la gouvernance globale au XXIe siècle ne se gagnera pas par le nombre de nouvelles banques créées, mais par la capacité du continent à imposer un agenda endogène qui ne soit ni celui de <strong>Washington Consensus 2.0</strong>, ni celui de la <strong>Route de la Soie</strong>.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/le-dilemme-de-lome-comment-la-nouvelle-banque-de-developpement-redessine-la-souverainete-financiere-africaine/">LE DILEMME DE LOMÉ : COMMENT LA NOUVELLE BANQUE DE DÉVELOPPEMENT REDESSINE LA SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE AFRICAINE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>RDC : ANATOMIE D’UNE GOUVERNANCE A LA DERIVE ; L’ILLUSION DU BOOM MINIER FACE A L’EFFONDREMENT DE L’ÉTAT</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ADN Politics]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 14:48:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités en direct]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le théâtre de la gouvernance africaine, la République Démocratique du Congo (RDC) occupe une place aussi stratégique que tragique. Dotée d’un sous-sol capable d’alimenter la transition énergétique mondiale, ce géant de 124 millions d’habitants offre l’image d’un État en schizophrénie avancée. D’un côté, les chiffres de la croissance font pâlir d’envie la sous-région ; [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Dans le théâtre de la gouvernance africaine, la République Démocratique du Congo (RDC) occupe une place aussi stratégique que tragique. Dotée d’un sous-sol capable d’alimenter la transition énergétique mondiale, ce géant de 124 millions d’habitants offre l’image d’un État en schizophrénie avancée. D’un côté, les chiffres de la croissance font pâlir d’envie la sous-région ; de l’autre, les indicateurs de développement humain et de transparence plongent le pays dans les abysses. Alors que Kinshasa s’enfonce dans un débat constitutionnel opportuniste en 2026 et que l’Est du pays reste livré aux appétits prédateurs, le contrat social entre les dirigeants et les Congolais n’a jamais semblé aussi inexistant.</strong></em></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Balance_scales_with_gold_cobalt_202605131141-1-1024x765.jpeg" alt="" class="wp-image-2648"/></figure><p><strong>Un État pris en étau entre un boom extractif et la défaillance institutionnelle</strong></p><p>Sur le papier, l’économie congolaise semble faire de la résistance. En 2025, la&nbsp;<strong>Banque mondiale</strong>&nbsp;a salué une «&nbsp;<em>croissance économique résiliente</em>&nbsp;» de&nbsp;<strong>5,5 % du PIB</strong>, un chiffre qui reste supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Ce dynamisme doit tout à la poussée extractive : l’industrie minière, qui pèse pour&nbsp;<strong>39 % du PIB</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>95 %</strong>&nbsp;des exportations, a tiré la production nationale. La seule mine géante de Kamoa-Kakula a généré un chiffre d’affaires de 3,28 milliards de dollars en 2025, dopée par une demande mondiale insatiable en cuivre.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-13-143006-1024x351.png" alt="" class="wp-image-2649"/></figure><p>Pour contenir les tensions inflationnistes héritées de 2023 (19,9 %), la Banque centrale du Congo a appliqué un remède de choc. Le taux directeur a été porté à&nbsp;<strong>25 %</strong>&nbsp;dès août 2023, une purge monétaire drastique qui a permis une décrue spectaculaire de l’inflation. Celle-ci est passée de&nbsp;<strong>11,7 %</strong>&nbsp;fin 2024 à seulement&nbsp;<strong>2,3 %</strong>&nbsp;en décembre 2025. Les réserves de change se sont, elles, consolidées à 11 semaines d’importations, offrant un bouclier ténu contre la volatilité extérieure.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-13-143105-1024x345.png" alt="" class="wp-image-2650"/></figure><p>Ce vernis macroéconomique, pourtant, se fissure dès lors que l’on examine l’exercice du pouvoir. Alors que l’Est du pays s’embrasait sous les assauts du M23, Kinshasa s’est égaré dans une dangereuse pantomime politique autour d’une révision constitutionnelle. En mars 2026, l’UDPS, parti au pouvoir, affirmait sa volonté de « toucher » à la loi fondamentale, faisant craindre à l’opposition un basculement vers un troisième mandat de&nbsp;<strong>FELIX TSHISEKEDI</strong>. Ce débat, qui a mobilisé des milliers de militants dans les rues et fragilisé l’exécutif, a été perçu comme une provocation pendant que l’intégrité territoriale est menacée.</p><p><strong>Le précipice de la corruption et le mirage des réformes</strong></p><p>La décomposition de l’État congolais se mesure à sa corruption systémique.&nbsp;<strong>Transparency International</strong>&nbsp;a figé la RDC à un score de&nbsp;<strong>20 sur 100 à l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025</strong>. Elle reste sous la moyenne régionale de 32 points, et très loin derrière les Seychelles (68 points), leader africain.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-13-143253-1024x295.png" alt="" class="wp-image-2651"/></figure><p>Cette gangrène se nourrit de la déliquescence des entreprises publiques. La Société nationale d’électricité (SNEL) et la Gécamines, entre autres, représentent à elles seules près de&nbsp;<strong>42 %</strong>&nbsp;de la dette publique extérieure. Ces entités deviennent des trous noirs financiers, où l’argent des matières premières s’évapore avant d’arriver dans les caisses de l’État. Plus largement, le gouvernement se révèle incapable d’assainir sa propre maison : la masse salariale de la fonction publique absorbe plus de&nbsp;<strong>45 %</strong>&nbsp;des dépenses courantes, étouffant les investissements dans l’éducation et la santé.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-13-143337-1024x372.png" alt="" class="wp-image-2652"/></figure><p>Cette incurie politique se traduit par une cruelle inertie sociale. Le taux de pauvreté atteignait encore&nbsp;<strong>81,1 %</strong>&nbsp;de la population en 2025 (au seuil de 3 dollars par jour). L’indice de développement humain (IDH) place le pays au&nbsp;<strong>172e rang mondial sur 193 États</strong>. Malgré les milliards de dollars extraits de son sol, la RDC demeure le théâtre d’une «&nbsp;<strong>malédiction des matières premières</strong>&nbsp;» où la prédation des élites se substitue à la redistribution.</p><p><strong>Les sanctions américaines : une illusion de justice dans un climat impuni ?</strong></p><p>Dans ce paysage désolant, l’irruption de sanctions américaines courant 2026 contre l’ancien président&nbsp;<strong>JOSEPH KABILA</strong>&nbsp;a introduit une variable inattendue. Qualifiées de «&nbsp;<em>pas important</em>&nbsp;» par le gouvernement Tshisekedi, ces sanctions ont donné lieu à des marches de soutien dans les rues de Kinshasa, orchestrées par l’UDPS et ses alliés. Elles visent à frapper l’ancien réseau de prédation économique, mais elles révèlent aussi la guerre successorale entre le camp Tshisekedi et l’héritage Kabila, une lutte moins idéologique que clanique.</p><p>Cette instrumentalisation de la justice internationale par le pouvoir en place pose la question d’une instrumentalisation politique d’un combat pourtant vertueux. Si les sanctions peuvent assécher des réseaux de financement occultes, elles ne remplacent pas la construction d’institutions capables de prévenir, par elles-mêmes, le pillage des recettes extractives, estimées à 5,84 milliards de dollars en 2023.</p><p><strong>L’impératif de refondation</strong></p><p>La RDC ne souffre pas d’un manque de moyens. Elle souffre d’un déficit d’intégrité et d’un système où la survie politique prime sur l’intérêt général. Tant que la révision de la Constitution sera plus urgente que celle du système de prédation, et tant que la croissance ne rimera pas avec l’emploi, le cœur de l’Afrique continuera de battre au rythme des occasions manquées.</p><p>Dans l’équation sécuritaire, économique et politique congolaise, les indicateurs parlent : le pays est au bord d’un précipice. Le sursaut viendra soit d’une refondation profonde de la gouvernance, soit d’une explosion sociale dont les signaux, sanctions contre les barons, rébellion à l’Est, ne constituent aujourd’hui que les sinistres prémices.</p><p><strong>Rahim BAKAYOKO</strong></p><p><a href="https://linktr.ee/adnpoliticslink"><em><strong>Téléchargez l’application ADN Politics sur Play Store et App Store</strong></em>.</a></p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/rdc-anatomie-dune-gouvernance-a-la-derive-lillusion-du-boom-minier-face-a-leffondrement-de-letat/">RDC : ANATOMIE D’UNE GOUVERNANCE A LA DERIVE ; L’ILLUSION DU BOOM MINIER FACE A L’EFFONDREMENT DE L’ÉTAT</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>Les 5 Visages Politiques de La Semaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ADN Politics]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 11:49:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pouvoir, diplomatie, institutions et ambitions politiques : cette semaine encore, plusieurs figures ont dominé l’actualité en Côte d’Ivoire et sur la scène internationale. Entre la dissolution de la CEI par le gouvernement, la nomination stratégique d’Ibrahime Coulibaly-Kuibiert au Conseil d’État, le maintien de Laurent Gbagbo à la tête du PPA-CI, les ambitions grandissantes d’Assalé Tiémoko [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Pouvoir, diplomatie, institutions et ambitions politiques : cette semaine encore, plusieurs figures ont dominé l’actualité en Côte d’Ivoire et sur la scène internationale. Entre la dissolution de la CEI par le gouvernement, la nomination stratégique d’Ibrahime Coulibaly-Kuibiert au Conseil d’État, le maintien de Laurent Gbagbo à la tête du PPA-CI, les ambitions grandissantes d’Assalé Tiémoko Antoine et le repositionnement diplomatique d’Emmanuel Macron en Afrique, les lignes politiques continuent de bouger. Les 5 visages politiques de la semaine décryptés.</em></strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/5-Face-2-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-2637"/></figure><p><strong>Alassane Ouattara</strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/04/Photo-Candidat-RHDP-1.jpg" alt="" class="wp-image-2479"/></figure><p>En déplacement à Nairobi au Kenya, le président ivoirien a fortement marqué l’actualité nationale et sous-régionale cette semaine. Au cours du dernier Conseil des ministres, le chef de l’État a annoncé la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI), une décision qui intervient dans un contexte politique sensible à l’approche des prochaines échéances électorales.</p><p>Parallèlement, Alassane Ouattara continue de reprendre la main sur plusieurs dossiers stratégiques liés à la gouvernance économique, sociale et institutionnelle du pays. Cette posture confirme une recentralisation du pouvoir autour de la présidence, dans une période où les attentes politiques et sociales deviennent de plus en plus fortes.</p><p><strong>Pourquoi c’est important&nbsp;:</strong>&nbsp;La CEI représente l’une des institutions les plus sensibles du système démocratique ivoirien. Sa dissolution ouvre automatiquement un débat national sur la transparence électorale, la confiance entre acteurs politiques et les futures règles du jeu démocratique.</p><p>En même temps, le renforcement du contrôle présidentiel sur les grandes orientations politiques montre que le pouvoir veut sécuriser la stabilité institutionnelle et garder la maîtrise totale de l’agenda politique avant les prochaines grandes batailles électorales.</p><p><strong>Impact&nbsp;:</strong>&nbsp;Cette décision pourrait provoquer une recomposition du dialogue politique entre pouvoir et opposition autour de la nouvelle architecture électorale. Elle risque également de devenir un point central des futurs affrontements politiques en Côte d’Ivoire.</p><p>Sur le plan politique, Alassane Ouattara renforce son image de dirigeant qui conserve une influence totale sur les institutions stratégiques du pays, tout en envoyant un signal fort sur sa volonté de contrôler personnellement les grands équilibres politiques, économiques et électoraux de la Côte d’Ivoire.</p><p>&nbsp;<strong>Emmanuel Macron</strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/OD7LMTR7J5CBJFUDG2JX2XIU6Y.jpg" alt="" class="wp-image-2641"/><figcaption class="wp-element-caption">French President Emmanuel Macron wears sunglasses as he waits for the arrival of a guest at the Elysee Palace in Paris, France, January 23, 2026. REUTERS/Sarah Meyssonnier</figcaption></figure><p>Le président français a refait surface dans l’actualité africaine à travers une offensive diplomatique visant à repositionner la France sur le continent. Face à la montée des critiques contre Paris en Afrique, Emmanuel Macron tente de reconstruire les relations stratégiques avec plusieurs États africains.</p><p><strong>Pourquoi c’est important&nbsp;:</strong>&nbsp;L’influence française en Afrique traverse une période de forte remise en question, notamment au Sahel et en Afrique francophone.</p><p><strong>Impact&nbsp;:</strong>&nbsp;Cette stratégie pourrait redessiner les relations entre la France et les pays africains, dans un contexte de concurrence géopolitique croissante avec la Russie, la Chine et la Turquie.</p><p><strong>Laurent Gbagbo</strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/GBAGBO-1024x705.jpg" alt="" class="wp-image-2639"/></figure><p>Laurent Gbagbo reste au cœur de l’actualité après la confirmation de son maintien à la tête du PPA-CI. Alors que des débats existaient sur le renouvellement interne du parti, cette décision consolide son leadership sur l’opposition ivoirienne.</p><p><strong>Pourquoi c’est important&nbsp;:</strong>&nbsp;Le maintien de Gbagbo démontre que les grandes figures historiques continuent de structurer le paysage politique ivoirien malgré l’émergence d’une nouvelle génération.</p><p><strong>Impact&nbsp;:</strong>&nbsp;Cela stabilise momentanément le PPA-CI, mais relance également les débats sur la succession politique et le renouvellement du leadership dans l’opposition.</p><p><strong>Assalé Tiémoko Antoine</strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/04/Assale_Tiemoko-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2554"/></figure><p>Assalé Tiémoko Antoine a marqué l’actualité politique après l’expression de ses ambitions autour de la commune stratégique de Cocody. Son positionnement dépasse désormais le cadre local et confirme sa volonté de s’imposer comme une voix nationale alternative.</p><p><strong>Pourquoi c’est important&nbsp;:</strong>&nbsp;Cocody représente un symbole politique majeur en Côte d’Ivoire. Toute bataille autour de cette commune devient automatiquement un enjeu national.</p><p><strong>Impact&nbsp;:</strong>&nbsp;Assalé renforce son image d’acteur politique indépendant, capable de mobiliser autour des questions de gouvernance, de transparence et de rupture avec les pratiques politiques classiques.</p><p><strong>&nbsp;Ibrahime Coulibaly-Kuibiert</strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/40471hr_.avif" alt="" class="wp-image-2640"/></figure><p>Le président de la Commission Électorale Indépendante (CEI) s’est retrouvé au cœur de l’actualité politique ivoirienne après l’annonce de la dissolution de l’institution par le Conseil des ministres. Dans la foulée, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert a été nommé par décret présidentiel à la tête du Conseil d’État, considéré comme la plus haute juridiction de l’ordre administratif en Côte d’Ivoire.</p><p>Cette transition immédiate d’une institution électorale stratégique vers une haute fonction administrative et juridictionnelle a fortement marqué la semaine politique nationale et suscité de nombreux commentaires dans les milieux politiques et institutionnels.</p><p><strong>Pourquoi c’est important&nbsp;:</strong>&nbsp;La CEI est une institution centrale dans le processus démocratique ivoirien, tandis que le Conseil d’État occupe une place essentielle dans le fonctionnement administratif et juridique de l’État.</p><p>Le fait que cette nomination intervienne directement par décret présidentiel montre le niveau de confiance accordé à Coulibaly-Kuibiert par le chef de l’État et souligne son importance dans l’architecture institutionnelle ivoirienne.</p><p><strong>Impact&nbsp;:</strong>&nbsp;Cette nomination consolide son statut parmi les personnalités institutionnelles les plus influentes du pays. Elle pourrait également être perçue comme un signal de continuité et de stabilité institutionnelle dans une période où les enjeux électoraux et politiques deviennent de plus en plus sensibles en Côte d’Ivoire.</p><p>*<strong>Rahim BAKAYOKO</strong></p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/les-5-visages-politiques-de-la-semaine-6/">Les 5 Visages Politiques de La Semaine</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LE PARADOXE CONGOLAIS : PETRODOLLARS, PAUVRETE ET PERPETUATION DU POUVOIR</title>
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		<dc:creator><![CDATA[ADN Politics]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 10:48:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
		<category><![CDATA[Actualités en direct]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La République du Congo incarne l’un des paradoxes les plus saisissants de l’Afrique centrale. Dotée d’une rente pétrolière substantielle, d’une position géographique stratégique et d’un potentiel agricole et minier considérable, elle affiche pourtant des indicateurs de développement humain qui la placent parmi les nations les plus vulnérables du continent. Alors que Denis Sassou Nguesso vient [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La République du Congo incarne l’un des paradoxes les plus saisissants de l’Afrique centrale. Dotée d’une rente pétrolière substantielle, d’une position géographique stratégique et d’un potentiel agricole et minier considérable, elle affiche pourtant des indicateurs de développement humain qui la placent parmi les nations les plus vulnérables du continent. Alors que Denis Sassou Nguesso vient d’être réélu pour un cinquième mandat avec 94,82 % des suffrages, le pays se trouve à un moment critique où la pérennité d’un modèle économico-politique vieux de quatre décennies se heurte à l’impératif de diversification et aux attentes d’une population jeune et majoritairement urbaine.</em></strong></p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/jad20250922-ass-rdc-economie-gf-investir-avenir.avif" alt="" class="wp-image-2613"/></figure><p><strong>Une économie otage du pétrole</strong></p><p>La structure économique congolaise demeure fondamentalement captive des hydrocarbures. Le pétrole génère encore près de la moitié du PIB et plus de 90 % des recettes d’exportation du pays. Avec une production actuelle de 270 000 barils par jour, le gouvernement affiche l’ambition d’atteindre 500 000 barils quotidiens d’ici fin 2025. Cette fuite en avant pétrolière, dans un contexte de transition énergétique mondiale et de volatilité des cours, traduit moins une stratégie qu’une dépendance structurelle que les autorités peinent à desserrer.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-06-103925-1024x170.png" alt="" class="wp-image-2614"/></figure><p>Après une décennie perdue, le PIB réel s’est contracté en moyenne de 1,9 % par an entre 2015 et 2023, entraînant une baisse cumulée de 32 % du revenu par habitant, l’économie montre des signes de reprise modeste. La croissance a atteint 2,6 % en 2024, permettant pour la première fois depuis 2016 une légère progression du revenu réel par habitant. Les prévisions tablent sur 2,8 % en 2025 et une reprise graduelle en 2026-2027. Cependant, cette amélioration fragile ne doit pas masquer les fragilités structurelles : la production pétrolière a reculé en raison de problèmes techniques et de prix moins favorables, tandis que la croissance hors hydrocarbures (3,1 %), bien que supérieure à celle du secteur extractif (0,8 %), reste insuffisante pour absorber une population active en forte expansion.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-06-104036.png" alt="" class="wp-image-2615"/></figure><p>Le PIB nominal prévisionnel pour 2024 s’établissait à 14,9 milliards de dollars, soit un PIB par habitant de seulement 2 482 dollars, classant le Congo parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce chiffre, qui masque d’ailleurs de profondes inégalités, illustre l’incapacité chronique du pays à convertir sa richesse extractive en prospérité partagée.</p><p><strong>Les mirages de la diversification</strong></p><p>Les discours sur la diversification économique rythment les communications officielles depuis deux décennies. La réalité demeure plus nuancée. Les secteurs hors pétrole ont certes progressé : l’agriculture a bénéficié de politiques de contenu local favorisant les intrants agricoles nationaux, tandis que l’industrie manufacturière a profité d’une demande régionale accrue. La sylviculture, les télécommunications et certains segments manufacturiers ont soutenu la croissance hors hydrocarbures.</p><p>Mais ces avancées restent marginales. La forêt, qui couvre 64 % du territoire et constitue un puits de carbone d’importance mondiale, ne contribue qu’à hauteur de 5,6 % au PIB. L’agriculture demeure essentiellement vivrière, le pays important plus de la moitié de ses produits alimentaires. Les entreprises non pétrolières ont enregistré une croissance moyenne de leurs revenus de 11 %, mais l’emploi n’a progressé que de 3 %, illustrant une élasticité emploi-croissance particulièrement faible qui reflète les obstacles structurels à l’entrepreneuriat : électricité peu fiable, accès limité au financement, environnement des affaires dégradé.</p><p>Le gouvernement mise désormais sur le gaz naturel liquéfié (GNL) comme vecteur de diversification et de transition énergétique. Les premières recettes issues des ventes de gaz ont commencé à alimenter les caisses de l’État en 2024. Mais cette stratégie, si elle peut offrir un répit budgétaire, ne constitue pas une rupture avec le modèle rentier : elle en est plutôt une extension.</p><p>Une dette sous contrôle apparent, des fragilités réelles La trajectoire de la dette publique congolaise illustre les contradictions de la gestion macroéconomique. Le ratio dette/PIB, qui culminait à 103,6 % en 2020, a été ramené à 93,6 % en 2024, puis à environ 74,11 % selon les données du ministère des Finances pour 2025. Cette réduction, obtenue notamment grâce à un reprofilage de la dette domestique (l’opération PNOT qui a échangé 53 % des obligations nationales en circulation) et à un excédent budgétaire, constitue une performance notable dans une région où le surendettement est la norme.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-06-104144.png" alt="" class="wp-image-2616"/></figure><p>Cependant, plusieurs facteurs viennent nuancer ce tableau. D’abord, la divergence des sources : alors que l’Agence congolaise d’information annonce une dette à 74,11 % du PIB, d’autres estimations, notamment celles de la Caisse congolaise d’amortissement, font état d’un ratio de 92,46 % à fin 2025 après l’émission d’euro-obligations. Ensuite, la structure de la dette, désormais majoritairement domestique (61 % du total), expose l’État à des tensions de liquidité et de refinancement sur le marché régional, où le service de la dette absorbe près de la moitié des recettes budgétaires.</p><p>Le retour du Congo sur les marchés internationaux, avec une levée de 930 millions de dollars en euro-obligations en novembre-décembre 2025, témoigne d’un accès restauré aux financements extérieurs. Il introduit également une exposition au risque de change et une pression supplémentaire sur des finances publiques déjà contraintes. L’agence S&amp;P maintient d’ailleurs une note CCC+, reflétant la persistance de risques significatifs malgré les progrès accomplis.</p><p>L’excédent budgétaire, qui atteignait 300 milliards de FCFA en 2025 selon le FMI, s’est réduit de 2,8 % du PIB en 2024 à environ 1,9 % prévu pour 2025-2026, sous l’effet conjugué de la baisse anticipée des prix du pétrole et de l’augmentation des dépenses sociales et d’investissement.</p><p><strong>Le développement humain, angle mort de la gouvernance</strong></p><p>Le décalage entre les agrégats macroéconomiques et les conditions de vie de la population constitue la faille la plus béante du modèle congolais. L’indice de développement humain (IDH) du pays s’établissait à 0,593 en 2022-2023, le plaçant au 149e rang mondial sur 193 pays. Plus révélateur encore, la richesse totale par habitant a décliné au cours des deux dernières décennies, conséquence d’un sous-investissement chronique dans le capital humain et d’une dégradation du capital naturel.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-06-104255.png" alt="" class="wp-image-2617"/></figure><p>Le taux de pauvreté, qui touchait déjà plus de la moitié de la population en 2024, n’a pas connu d’amélioration significative malgré le retour de la croissance. Le coefficient de Gini, qui mesure les inégalités de revenu, atteignait 0,551 selon le Rapport mondial sur le développement humain 2023-2024, un niveau parmi les plus élevés du continent. Les dépenses de santé et d’éducation, fluctuant au gré des cycles pétroliers, n’ont pas permis d’améliorer durablement les résultats d’apprentissage ni les indicateurs sanitaires.</p><p>La population congolaise, estimée à 6,5 millions d’habitants en 2025, croît à un rythme annuel de 3,2 %, avec une urbanisation galopante (58 % de la population vit en zone urbaine, principalement à Brazzaville et Pointe-Noire). Cette pression démographique accentue la demande de services publics et d’emplois dans un contexte où le secteur formel peine à se développer.</p><p><strong>Un système politique verrouillé</strong></p><p>La dimension politique de l’équation congolaise est indissociable de l’analyse économique. La réélection de Denis Sassou Nguesso le 15 mars 2026 avec 94,82 % des voix, pour un cinquième mandat consécutif, illustre la nature du régime : un système présidentialiste où l’alternance démocratique demeure théorique. Le président, âgé de 82 ans, cumule 42 années au pouvoir, interrompues seulement par la parenthèse démocratique de 1992-1997.</p><p>Le processus électoral lui-même porte les stigmates d’un scrutin verrouillé : internet coupé le jour du vote, circulation restreinte dans la capitale, commerces fermés, présence massive des forces de sécurité aux bureaux de vote. Les principaux partis d’opposition ont boycotté ce qu’ils qualifiaient de «&nbsp;farce&nbsp;» électorale, tandis que des militants des droits humains étaient arrêtés dans la période pré-électorale. Le taux de participation officiel de 84,65 % contraste avec les observations de files d’attente quasi inexistantes dans les bureaux de vote de Brazzaville.</p><p>L’indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International attribue au Congo un score de 23 sur 100 (où 100 représente l’absence totale de corruption), le classant au 163e rang sur 180 pays. Ce score, en très légère amélioration par rapport aux 19 points de 2018, reste inférieur de 20 points à la moyenne mondiale. Les enquêtes d’Afrobarometer indiquent que 34 % des Congolais perçoivent la police comme «&nbsp;très corrompue&nbsp;».</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-06-104402.png" alt="" class="wp-image-2618"/></figure><p>Les indicateurs de gouvernance mondiaux de la Banque mondiale confirment ce diagnostic. Sur les six dimensions mesurées : voix et responsabilité, stabilité politique, efficacité gouvernementale, qualité réglementaire, état de droit et contrôle de la corruption, le Congo se situe systématiquement dans le quintile inférieur des pays évalués.</p><p>L’espace civique et démocratique subit une contraction continue. Les manifestations publiques sont systématiquement interdites, aussi bien pour la société civile que pour les partis d’opposition. L’enlèvement et la séquestration de Lassy Mbouity, président du parti d’opposition Les socialistes, en mai 2025, retrouvé dans la rivière Madoukou avec des traces de brutalisation après dix jours de disparition, illustre le climat d’intimidation qui règne à l’approche des échéances électorales.</p><p><strong>Les alliances internationales : entre realpolitik et dépendance</strong></p><p>Sur le plan diplomatique, Brazzaville cultive un positionnement pragmatique. Le pays a renforcé ses liens avec des partenaires majeurs comme la Chine et la Russie, qui se présentent comme des alternatives au modèle occidental de conditionnalité démocratique. La Chine a diversifié ses investissements, notamment dans les infrastructures : la route nationale n°1, refaite en 2016 et concédée à un consortium sino-français, en est l’emblème, et a octroyé des prêts bonifiés de l’ordre d’un milliard de dollars.</p><p>Plus récemment, un accord de 23 milliards de dollars a été signé avec l’entreprise chinoise Wing Wah pour stimuler le développement économique. Ces partenariats, s’ils apportent des financements bienvenus, renforcent également une forme de dépendance géopolitique et soulèvent des questions sur la soutenabilité de la dette et la transparence des contrats.</p><p><strong>Perspectives : les termes du dilemme</strong></p><p>Le Congo-Brazzaville se trouve à la croisée des chemins. La trajectoire actuelle ; croissance modérée tirée par les hydrocarbures, diversification timide, endettement sous contrôle mais fragile, pauvreté persistante, gouvernance autoritaire, peut se prolonger quelques années encore. Mais les forces de rappel sont puissantes : pression démographique, exigences croissantes d’une population jeune et urbaine, transition énergétique mondiale qui érodera progressivement la valeur des actifs pétroliers, et usure d’un système politique qui, à force de verrouiller l’espace démocratique, accumule les germes de sa propre contestation.</p><p>À l’horizon 2026-2027, le Congo fait face à un faisceau de contraintes qui définissent les termes d’un dilemme existentiel. La croissance projetée, de l’ordre de 2,8 % à 3,6 % selon les sources, reste insuffisante pour générer une amélioration notable du niveau de vie dans un contexte de forte croissance démographique.</p><p>La diversification économique, bien qu’amorcée dans certains secteurs, demeure embryonnaire. Le potentiel minier (fer, cuivre, phosphate, potasse) reste largement inexploité. Le secteur forestier, qui pourrait générer des revenus substantiels via les marchés du carbone et la transformation locale du bois, souffre d’une gouvernance défaillante et d’une déforestation qui a amputé le pays de 1,9 % de son couvert forestier entre 2000 et 2020.</p><p>Sur le plan politique, la question de la succession est désormais ouvertement posée. La Constitution interdisant à Denis Sassou Nguesso de se représenter en 2031, le régime devra gérer une transition dont les contours demeurent opaques. L’absence de successeur désigné et la concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle restreint font craindre des tensions au sein de l’appareil d’État.</p><p>Le paradoxe congolais n’est pas une fatalité. Le pays dispose d’atouts considérables : capital naturel exceptionnel, position géographique stratégique, stabilité relative dans une région troublée ; qui pourraient, sous une gouvernance différente, constituer les fondations d’un développement inclusif et durable. Mais la transformation de ces potentialités en réalité exigerait un changement de paradigme que le régime actuel, par nature conservateur et clientéliste, semble structurellement incapable d’opérer. La question qui se pose n’est donc pas de savoir si le modèle actuel est viable à long terme, il ne l’est pas ; mais quand et comment s’opérera la transition vers un nouveau contrat social et économique.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/le-paradoxe-congolais-petrodollars-pauvrete-et-perpetuation-du-pouvoir/">LE PARADOXE CONGOLAIS : PETRODOLLARS, PAUVRETE ET PERPETUATION DU POUVOIR</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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