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	<title>Analyses et Perspectives Archives - ADN Politics</title>
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	<description>Comprendre la politique autrement</description>
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	<title>Analyses et Perspectives Archives - ADN Politics</title>
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		<title>LA TRANSITION PERPÉTUELLE GABONAISE, FRESQUE D’UN ÉTAT PETROLIER EN QUÊTE DE RÉINVENTION</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 23:49:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Libreville, juillet 2026, deux ans et demi après le coup d’État du 30 août 2023 qui a renversé la dynastie Bongo, le Gabon se trouve à la croisée des chemins. Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), présidé par le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a promis une refondation. Pourtant, l’analyse des agrégats macroéconomiques et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Libreville, juillet 2026, deux ans et demi après le coup d’État du 30 août 2023 qui a renversé la dynastie Bongo, le Gabon se trouve à la croisée des chemins. Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), présidé par le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a promis une refondation. Pourtant, l’analyse des agrégats macroéconomiques et des actes de gouvernance révèle une vérité plus inconfortable : le pays négocie un virage existentiel entre l’épuisement de son modèle rentier historique et la tentation d’une restauration autoritaire à visage militaire.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="770" height="470" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Petrole-Gabon-770x470-1.webp" alt="" class="wp-image-7788" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Petrole-Gabon-770x470-1.webp 770w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Petrole-Gabon-770x470-1-300x183.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Petrole-Gabon-770x470-1-768x469.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Petrole-Gabon-770x470-1-760x464.webp 760w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La malédiction du brut : une économie en panne sèche</strong></p><p>Le Gabon illustre de façon paradigmatique le syndrome hollandais. Avec une population estimée à <em>2,4 millions d’habitants</em>, le pays affiche l’un des PIB par habitant les plus élevés d’Afrique subsaharienne (<em>environ 8 600 dollars en 2025 selon les projections du FMI</em>). Mais ce chiffre est une illusion statistique qui masque une réalité bien plus sombre : une économie en déclin structurel.</p><p>La dépendance au pétrole reste abyssale. En 2024, les hydrocarbures représentaient encore <strong>38 % du PIB, 60 %</strong> des recettes budgétaires et près de <strong>80 %</strong> des exportations. Or, la production pétrolière gabonaise suit une pente inexorable. Des données actualisées du ministère du Pétrole et de la <em>Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC)</em> indiquent un déclin continu : la production est passée de <em>230 000 barils/jour en 2015 à environ 195 000 barils/jour en 2024</em>. Les grands champs matures, notamment ceux de TotalEnergies à Port-Gentil, s’épuisent, et les découvertes en offshore profond tardent à compenser cette déplétion.</p><p>Cette contraction a des conséquences directes sur les finances publiques. Après l’embellie post-Covid liée à la flambée des cours, la croissance du PIB réel est retombée à <em>2,4 % en 2024 et devrait stagner autour de 2,9 % en 2025 selon la Direction générale de l’économie</em>. Un chiffre insuffisant pour une population jeune dont le taux de chômage officiel (données 2023) frôle les 36 % chez les 15-35 ans, masquant un sous-emploi massif.</p><p>La transition a hérité d’une montagne de dettes. En 2024, la dette publique a franchi le seuil des <em>70 % du PIB</em>, bien au-delà du critère de convergence <em>CEMAC fixé à 70 %</em>. Les arriérés intérieurs, accumulés durant les dernières années du régime Bongo, s’élevaient à plus de <em>800 milliards de FCFA</em>, asphyxiant le secteur privé local. Si le CTRI a soldé une partie de ces arriérés via des titrisations, la soutenabilité à moyen terme reste précaire, dépendante d’un programme en cours de négociation avec le FMI dont la conclusion est sans cesse repoussée.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La gouvernance de la transition : entre purge cosmétique et consolidation oligarchique</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1280" height="853" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/6dae873_2023-09-04t180825z-221378761-rc2u13alxqth-rtrmadp-3-gabon-security.avif" alt="" class="wp-image-7790"/></figure><p>Sur le front de la gouvernance, le diagnostic est contrasté. Le régime d’<strong>Oligui Nguema </strong>a indéniablement mis en scène la rupture judiciaire. Les procès très médiatisés de l’ancienne Première dame, <strong>Sylvia BONGO</strong>, et de son fils <strong>Noureddin BONGO Valentin</strong>, condamnés pour corruption et détournement de fonds publics, ont marqué une césure symbolique. La confiscation de biens mal acquis&nbsp;: villas, comptes bancaires, véhicules de luxe, a été transformée en spectacle de la transparence.</p><p>Cependant, une lecture plus structurelle des institutions de la transition nourrit le scepticisme. Le projet de nouvelle <em>Constitution, approuvé par référendum en novembre 2024 avec <strong>91,8 %</strong></em> des voix, un score qui rappelle les plébiscites d’un autre âge, instaure un régime hyper-présidentialiste. La limitation du mandat présidentiel à deux septennats renouvelables une seule fois est certes une avancée, mais le texte ne prévoit pas de mécanisme solide de verrouillage contre la candidature du président de la transition lui-même à la prochaine élection, désormais prévue en août 2026 après un glissement du calendrier initial.</p><p>Sur le plan économique, le rapport 2024 de <em>Transparency International</em> maintient le Gabon à la <em>136e place sur 180, avec un score de 28/100</em>, quasiment inchangé. La réalité de la captation des marchés publics est documentée par les audits de la Cour des comptes : <em>en 2024, plus de 45 % des marchés attribués en procédure d’urgence par le CTRI l’ont été à des sociétés nouvellement créées, souvent sans historique sectoriel avéré</em>. Le poids des officiers généraux et de leur entourage dans les conseils d’administration des grandes entreprises publiques, comme la <em>Gabon Oil Company ou SEEG</em>, s’est alourdi, dessinant les contours d’un capitalisme de connivence militaire.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La forêt, éternelle dernière frontière</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="624" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-1024x624.jpg" alt="" class="wp-image-7789" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-1024x624.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-300x183.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-768x468.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-860x524.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_-760x463.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Parc-National-dIvindo2_.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le paradoxe gabonais réside dans son atout le plus sous-valorisé : le capital naturel. Le Gabon est le deuxième poumon forestier de la planète, absorbant <em>140 millions de tonnes de CO</em><em>₂</em> chaque année, soit plus que ses émissions nationales. Le pays a été le premier en Afrique à signer un accord avec la Norvège pour la rémunération des efforts de réduction de la déforestation, touchant <em>150 millions de dollars sur dix ans</em>.</p><p>Pourtant, l’économie du bois reste prisonnière d’une logique extractive à faible valeur ajoutée. L’interdiction d’exporter des grumes, instaurée en 2010 pour favoriser la transformation locale, a été fragilisée par des dérogations. En 2024, les volumes de sciages exportés vers l’Asie ont augmenté de <strong>12 %</strong>, mais la part de la transformation de troisième niveau (meubles, contreplaqués) stagne à moins de <strong>5 %</strong> de la filière. Le Gabon rate le virage de la valorisation des crédits carbone : en 2025, moins de <strong>5 %</strong> de son couvert forestier est sous certification carbone active, alors que le marché volontaire mondial est estimé à 2 milliards de dollars.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le défi de l’après-transition : un consensus d’élites ou un pacte social ?</strong></p><p>La question fondamentale, en ce mois de juillet 2026, n’est pas seulement la tenue d’élections, mais le modèle de société qui émergera. Le dialogue national d’avril 2024 a produit un catalogue de 1 200 résolutions, mais les réformes de fond, refonte du cadastre, fiscalité progressive, refonte de la fonction publique pléthorique qui absorbe <strong>45 %</strong> du budget de l’État, sont repoussées à l’après-élection.</p><p>Le Gabon joue une partition délicate. La manne pétrolière a créé une classe moyenne administrative mais pas de tissu productif. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) reste bloqué à <em>150 000 FCFA (230 euros)</em>, érodé par une inflation importée qui a culminé à <strong>4,8 %</strong> en 2023 avant de refluer à 3,2 % en 2025.</p><p>L’équation est claire et périlleuse : <em>comment passer d’un État rentier, où la stabilité dépendait de la redistribution clientéliste des revenus pétroliers, à un État développeur capable de libérer les forces productives ?</em> Le CTRI a restauré un ordre sécuritaire et amorcé un assainissement des comptes publics. Mais sans une redistribution équitable des fruits de la croissance et une diversification réelle, le Gabon risque de rejouer le scénario d’une modernisation conservatrice, où le changement d’hommes ne ferait que prolonger la longévité du système.</p><p>L’horloge tourne. En 2030, selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie, la demande mondiale de pétrole atteindra son pic. Pour le Gabon, l’urgence n’est pas seulement de voter, mais de se réinventer avant que la rente ne meure pour de bon.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/la-transition-perpetuelle-gabonaise-fresque-dun-etat-petrolier-en-quete-de-reinvention/">LA TRANSITION PERPÉTUELLE GABONAISE, FRESQUE D’UN ÉTAT PETROLIER EN QUÊTE DE RÉINVENTION</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LES 5 VISAGES POLITIQUES DE LA SEMAINE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 11:20:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 5 visages politiques de la cette semaine révèlent trois grandes tendances : La compétition pour le leadership mondial, La recomposition des pouvoirs nationaux, La quête de souveraineté et de stabilité régionale. Une semaine où le pouvoir se joue autant dans les institutions internationales que dans la transformation des équilibres politiques internes. 1- Macky Sall [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Les 5 visages politiques de la cette semaine révèlent trois grandes tendances : La compétition pour le leadership mondial, La recomposition des pouvoirs nationaux, La quête de souveraineté et de stabilité régionale.</em></strong></p><p><strong><em>Une semaine où le pouvoir se joue autant dans les institutions internationales que dans la transformation des équilibres politiques internes.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/5-Face-27-JUILLET-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7779"/></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>1- Macky Sall</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="1000" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_.jpg" alt="" class="wp-image-7784" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_.jpg 1000w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-300x300.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-150x150.jpg 150w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-768x768.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-860x860.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-400x400.jpg 400w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-600x600.jpg 600w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-760x760.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Macky-Sall_-110x110.jpg 110w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure><p>Après avoir obtenu le soutien officiel du Sénégal à sa candidature, Macky Sall a franchi une nouvelle étape dans sa campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies. Il a participé au débat entre les différents candidats au siège des Nations unies avant de poursuivre sa tournée diplomatique, notamment avec une rencontre le 24 juillet avec le président colombien.</p><p>Cette séquence marque l’entrée du Sénégal et de l’Afrique dans une compétition diplomatique mondiale pour diriger l’une des institutions les plus stratégiques du système international.</p><p><strong>Pourquoi c’est important ?</strong></p><p>L’élection du prochain Secrétaire général de l’ONU constitue un enjeu géopolitique majeur. Elle pose la question de la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale et de sa capacité à peser davantage dans les grandes décisions internationales.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>La candidature de Macky Sall renforce la visibilité diplomatique du Sénégal et pourrait ouvrir une nouvelle dynamique pour la représentation africaine dans les institutions multilatérales. Une victoire africaine à la tête de l’ONU constituerait un symbole fort d’un rééquilibrage de l’ordre international.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>2- Bassirou Diomaye Faye</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1215" height="809" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/jad20240912-ass-senegal-dissolution-assemblee.avif" alt="" class="wp-image-7783"/></figure><p>Le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye a créé ce week-end son propre parti politique, KIIRAAY – Les Patriotes Républicains. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la structuration de son pouvoir et dans son affirmation politique.</p><p>Après son accession au pouvoir dans le cadre du projet porté par Pastef, cette création traduit la volonté du chef de l’État de construire sa propre identité politique.</p><p><strong>Pourquoi c’est important ?</strong></p><p>Le Sénégal entre dans une nouvelle phase de recomposition politique. La création d’un parti présidentiel pourrait modifier les équilibres au sein de la majorité et redéfinir les rapports de force entre les différents acteurs politiques.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Cette décision pourrait renforcer l’autonomie politique de Bassirou Diomaye Faye, structurer durablement son camp et préparer les prochaines échéances électorales. Elle sera également un test sur sa capacité à transformer une victoire électorale en véritable force politique organisée.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>3- Omar Alieu Touray</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="627" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-1024x627.jpg" alt="" class="wp-image-7782" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-1024x627.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-300x184.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-768x470.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-860x527.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao-760x466.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Omar-Alieu-Touray-president-de-la-commission-de-la-Cedeao.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le débat autour de la transition du Franc CFA vers l’ECO revient au centre des discussions régionales, dans un contexte où la CEDEAO cherche à préserver son projet d’intégration économique malgré les tensions politiques avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).</p><p>Au-delà de la question monétaire, l’ECO est devenu un symbole des ambitions de souveraineté économique de l’Afrique de l’Ouest.</p><p><strong>Pourquoi c’est important ?</strong></p><p>La monnaie unique ouest-africaine représente depuis plusieurs années l’un des grands projets d’intégration régionale. Sa concrétisation conditionne en partie la crédibilité économique et politique de la CEDEAO.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>La réussite du projet ECO pourrait renforcer l’autonomie financière de la région et accélérer les échanges économiques intra-africains. En revanche, de nouveaux reports risqueraient d’alimenter les critiques contre les institutions régionales et de renforcer les divisions politiques en Afrique de l’Ouest.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>4- Narendra Modi</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="779" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Narendra-1100x779-1.avif" alt="" class="wp-image-7781"/></figure><p>Le gouvernement de Narendra Modi a été confronté cette semaine à une crise politique liée aux contestations autour des irrégularités dans les examens et aux critiques croissantes d’une partie de la jeunesse. La pression publique a entraîné des demandes de reddition de comptes au sein du gouvernement.</p><p><strong>Pourquoi c’est important ?</strong></p><p>Cette crise rappelle que les enjeux de gouvernance interne, notamment l’emploi, l’éducation et la transparence administrative, peuvent devenir des facteurs majeurs de fragilisation politique, même pour des gouvernements disposant d’une forte légitimité électorale.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>L’épisode pourrait pousser le gouvernement Modi à renforcer ses politiques en faveur de la jeunesse et de la transparence institutionnelle. Il constitue également un signal sur les défis sociaux auxquels l’Inde doit répondre pour maintenir sa stabilité politique.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>5- Anthony Albanese</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="860" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-1024x860.webp" alt="" class="wp-image-7780" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-1024x860.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-300x252.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-768x645.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-1536x1289.webp 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-2048x1719.webp 2048w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-860x722.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/Albo1-scaled-1-760x638.webp 760w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Le Premier ministre australien Anthony Albanese fait face à plusieurs controverses politiques touchant son gouvernement, notamment sur des questions de gouvernance, de politique étrangère et de confiance publique envers les institutions.</p><p><strong>Pourquoi c’est important ?</strong></p><p>L’Australie occupe une place stratégique dans l’Indo-Pacifique, une région marquée par les rivalités entre grandes puissances et les recompositions géopolitiques. La stabilité politique interne reste donc un élément essentiel de son influence internationale.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Ces tensions pourraient affecter la perception de stabilité du gouvernement australien et influencer les débats politiques nationaux. Sur le plan international, elles interviennent dans une période où Canberra cherche à consolider son rôle stratégique dans la région face aux nouveaux équilibres mondiaux.</p><p></p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/les-5-visages-politiques-de-la-semaine-12/">LES 5 VISAGES POLITIQUES DE LA SEMAINE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LA DECÉNNIE DES ENGAGEMENTS TRAHIS : CE QUE LES DONNÉES OPPOSENT AUX TRAITÉS DE 2015</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 13:16:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décennie qui s’achève aura été celle d’un paradoxe fondateur. Entre 2015 et 2017, la communauté internationale a signé certains des accords les plus ambitieux de l’histoire diplomatique : l’Accord de Paris sur&#160;le climat, les Objectifs de développement durable, le Plan d’action global conjoint sur le nucléaire iranien, et l’accord commercial UE-Canada. Ces textes, dans [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La décennie qui s’achève aura été celle d’un paradoxe fondateur. Entre 2015 et 2017, la communauté internationale a signé certains des accords les plus ambitieux de l’histoire diplomatique : l’Accord de Paris sur&nbsp;<u>le climat, les Objectifs de développement durable, le Plan d’action global conjoint sur le nucléaire iranien, et l’accord commercial UE-Canada</u>. Ces textes, dans leur diversité, partageaient une même promesse implicite, celle d’un multilatéralisme capable de plier le réel à la force du droit. Dix ans plus tard, la confrontation systématique des engagements aux données observées sur la période 2024-2026 révèle une vérité plus cruelle : dans presque tous les domaines où la transformation structurelle était requise, l’écart entre la parole et le fait s’est creusé au point de devenir abyssal.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="767" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-1024x767.jpg" alt="" class="wp-image-7773" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-1024x767.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-300x225.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-768x575.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-860x644.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis-760x569.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/cover-r4x3w1200-6909e9b6397bd-afp-20151212-51212147-v1-midres-acuerdodeparis.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong>Climat : le seuil de 1,5 °C, déjà un souvenir</strong>&nbsp;L’Accord de Paris, conclu en décembre 2015, fixait pour horizon la limitation du réchauffement&nbsp;<em>« bien en dessous de 2 °C</em>&nbsp;» par rapport à l’ère préindustrielle, les Parties s’engageant à poursuivre leurs efforts pour ne pas dépasser 1,5 °C. Les&nbsp;<em><u>contributions déterminées au niveau national</u></em>&nbsp;(NDC) déposées dans la foulée devaient, dans l’esprit des négociateurs, mettre le monde sur une trajectoire de réduction des émissions de CO₂ fossiles de 45 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2010, soit un passage d’environ 33 à 18 milliards de tonnes par an.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171705.png" alt="" class="wp-image-2902"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur</u></em></strong>&nbsp;: milliards de tonnes de CO² par an (GtCO²) /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: Global Carbon Project, AIE, Cible 2030 pour 1,5°C / 18 Gt (soit -45%par rapport à 2010 = 33 Gt)</p><p>Les données, compilées par le&nbsp;<strong>Global Carbon Project</strong>, l’<strong>Agence internationale de l’énergie&nbsp;</strong>et les services&nbsp;<strong>Copernicus</strong>, racontent une tout autre histoire. En 2024, les émissions mondiales de CO₂ d’origine fossile atteignent 37,4 milliards de tonnes, un niveau pratiquement identique au record de 2023. L’anomalie de température moyenne, elle, a franchi la barre de +1,55 °C, selon l’<strong>Organisation m</strong><strong>é</strong><strong>t</strong><strong>é</strong><strong>orologique mondiale</strong>, et les projections pour 2025 et 2026 oscillent entre +1,50 et +1,62 °C en fonction de la transition entre El Niño et La Niña.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171718.png" alt="" class="wp-image-2903"/></figure><p><em>Projections 2025-2026 : fourchette basée sur les modèles El Niño / La Niña /&nbsp;<strong><u>Sources</u></strong></em>&nbsp;: NASA GISTEMP, NOAA, Copernicus, OMM</p><p>La part des énergies renouvelables dans la consommation finale, passée de 17 % en 2021 à environ 22 % attendus en 2026, constitue certes une progression notable, mais elle demeure structurellement insuffisante pour infléchir une courbe des émissions que seule une contraction du PIB mondial, comme lors de la pandémie de 2020, est parvenue à faire baisser de façon significative.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171730.png" alt="" class="wp-image-2904"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur</u></em></strong>&nbsp;: pourcentage (%) /&nbsp;<strong><em><u>Sources</u></em></strong>&nbsp;: IRENA, AIE</p><p>Le&nbsp;<em><u>Emissions Gap Report 2024</u></em>&nbsp;du&nbsp;<em><u>Programme des Nations unies pour l’environnement</u></em>&nbsp;est sans équivoque : la poursuite des politiques actuelles mène à un réchauffement compris entre 2,5 et 2,9 °C à l’horizon 2100. À ce rythme, le franchissement durable du seuil de 1,5 °C en moyenne pluriannuelle interviendra avant 2035. L’Accord de Paris n’est pas caduc ; il est en état de mort clinique statistique.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>JCPOA : l’architecture de vérification réduite à une fiction</strong></p><p>Le&nbsp;<em><u>Plan d’action global conjoint</u></em>, signé en juillet 2015 entre l’Iran et le groupe P5+1, imposait à Téhéran deux limitations précises : un stock d’uranium enrichi ne dépassant pas 300 kg en équivalent hexafluorure, et un taux d’enrichissement maximal de 3,67 %.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171744.png" alt="" class="wp-image-2905"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur</u></em></strong>&nbsp;: kilogrammes /Plafond JCPOA : ≤ 300 kg /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: rapports trimestriels de l’AIEA</p><p>Ces paramètres garantissaient, selon les calculs de l’époque, un breakout time, le délai nécessaire pour accumuler assez de matière fissile en vue d’une arme, supérieur à douze mois.</p><p>Le retrait américain de 2018 a progressivement vidé cette architecture de sa substance. Les rapports trimestriels de l’<em><u>Agence internationale de l’énergie&nbsp;</u></em>atomique documentent la dérive. En 2021, le stock iranien atteignait déjà 3 240 kg, avec un enrichissement à 60 %. En novembre 2024, il s’établit à 6 600 kg, soit vingt-deux fois le plafond conventionnel, avec une production régulière à 60 % et la détection ponctuelle de traces à 83,7 %, niveau quasi militaire.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171753.png" alt="" class="wp-image-2906"/></figure><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171804.png" alt="" class="wp-image-2907"/></figure><p><strong>Niveau maximal d’enrichissement d’uranium observé en Iran</strong>&nbsp;/&nbsp;<strong><em><u>Indicateur</u></em>&nbsp;</strong>: pourcentage d’U-235 /&nbsp;<strong><em><u>Plafond</u></em></strong>&nbsp;JCPOA : 3,67 /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: AIEA</p><p>La projection pour 2026, fondée sur la tendance actuelle et l’absence de cadre négocié, donne un stock supérieur à 10 000 kg, potentiellement enrichi à 90 %.</p><p>Ce qui a été perdu dépasse la seule comptabilité des centrifugeuses. L’effondrement du&nbsp;<strong>JCPOA</strong>&nbsp;signe la faillite d’un modèle de vérification intrusive qui avait précisément été conçu pour rassurer sans recourir à la force. Le breakout time, naguère mesuré en mois, se compte désormais en jours. Les conditions d’une frappe préventive israélienne ou d’une nucléarisation rampante de la région ne relèvent plus de la spéculation mais du risque probabilisé à court terme.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>CETA : le commerce, dernier refuge du réalisme contractuel</strong></p><p>L’<strong>Accord économique et commercial global</strong>&nbsp;entre l’<strong>Union européenne et le Canada</strong>, appliqué provisoirement depuis septembre 2017, poursuivait un objectif quantifiable : supprimer les droits de douane sur 98 % des produits échangés et, selon les modèles de la Commission européenne, accroître le commerce bilatéral de 23 à 25 % à long terme.</p><p>Les flux, mesurés par Eurostat, confirment la prédiction, sans la dépasser. Le total des échanges de biens est passé de 64,3 milliards d’euros en 2016 à environ 81 milliards en 2024, soit une hausse de 26 %. Les projections pour 2026, établies par extrapolation linéaire modérée en tenant compte du ralentissement économique transatlantique, anticipent un volume proche de 84 milliards d’euros. La progression est modeste mais constante, de l’ordre de 2 à 3 % par an.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171815.png" alt="" class="wp-image-2908"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur</u></em></strong>&nbsp;: milliards d’euros /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: Eurostat / Base 2016 (pré-CETA) = 64,3 Md£ /&nbsp;<strong><em><u>Objectif long terme</u></em></strong>&nbsp;: +23% à + 25%</p><p>La singularité du&nbsp;<strong>CETA</strong>&nbsp;tient à ce qu’il opère dans un champ, la libéralisation tarifaire, où les États restent maîtres de leur mise en œuvre et où les bénéfices sont immédiatement appropriables par les acteurs privés. Cet accord, peu spectaculaire et largement critiqué par la société civile lors de sa négociation, est le seul de notre échantillon dont les résultats observés sont conformes aux anticipations initiales. Il rappelle, en creux, que les engagements internationaux ne tiennent que lorsque leur exécution ne dépend pas d’une transformation des structures économiques domestiques ou d’un renoncement à des intérêts de puissance.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>ODD : la faim et la pauvreté, angles morts d’un agenda universel</strong></p><p>Adoptés en septembre 2015 dans l’enthousiasme de l’Assemblée générale des Nations unies, les dix-sept Objectifs de développement durable fixaient à 2030 l’éradication de la pauvreté extrême et de la faim. L’indicateur de pauvreté retenu, vivre avec moins de 2,15 dollars par jour en parité de pouvoir d’achat, devait passer de 10 % de la population mondiale en 2015 à moins de 3 %. La sous-alimentation, qui touchait 615 millions de personnes l’année de l’adoption, devait, elle, disparaître.</p><p>La Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture livrent un état des lieux sans complaisance. En 2024, le taux de pauvreté extrême s’établit aux alentours de 7,3 % ; il pourrait descendre à 6,9 % en 2026.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171826.png" alt="" class="wp-image-2909"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur</u></em></strong>&nbsp;: pourcentage de la population /&nbsp;<strong><em><u>Cible ODD 2030</u></em></strong>&nbsp;: ≤3% /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: Banque mondiale</p><p>À ce rythme de 0,2 point par an, la cible de 3 % ne serait pas atteinte avant 2045. Dans le même temps, le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté, passant de 615 millions en 2015 à environ 735 millions en 2024. Les conflits, les chocs climatiques et les rémanences inflationnistes de la pandémie poussent la projection au-delà de 765 millions en 2026, avec un risque de franchissement des 800 millions avant la fin de la décennie.</p><figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://adnpolitics.com/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-23-171839.png" alt="" class="wp-image-2910"/></figure><p><strong><em><u>Indicateur&nbsp;</u></em></strong>: millions de personnes /&nbsp;<strong><em><u>Cible ODD 2030</u></em></strong>&nbsp;: ≈ 0 (élimination de la faim) /&nbsp;<strong><em><u>Source</u></em></strong>&nbsp;: FAO, ONU</p><p>Cette inversion de tendance sur la faim constitue sans doute l’échec le plus accablant du cycle multilatéral ouvert en 2015. Elle révèle que les ODD, conçus comme un tableau de bord universel du progrès humain, se sont mués en catalogue de renoncements. Les cibles santé et éducation progressent encore, mais partout ailleurs, la pente est défavorable.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>La fin de l’illusion performative</strong></p><p>Le tableau d’ensemble est celui d’une dissociation profonde entre la parole diplomatique et la réalité mesurable. Là où les accords exigeaient une transformation des modes de production et de consommation (climat) ou une redistribution massive des ressources (développement), les cibles ont été manquées. Là où ils touchaient à la sécurité internationale (JCPOA), leur sort a dépendu de la volatilité stratégique d’une seule grande puissance. Là où ils se limitaient à abaisser des barrières douanières (CETA), les résultats ont été au rendez-vous.</p><p>Cette asymétrie n’est pas un accident. Elle désigne la nature véritable de nombreux engagements multilatéraux contemporains : des énoncés performatifs dont la fonction première est de signaler une intention politique, non de produire un effet matériel contrôlable. La décennie qui vient exigera, pour restaurer une crédibilité écornée, des mécanismes de suivi contraignants, une transparence radicale sur les écarts, et sans doute une redéfinition plus sobre de ce que la coopération internationale peut réellement accomplir. À défaut, le gap entre la promesse et le fait continuera de se creuser, et avec lui, le scepticisme des opinions publiques envers toute forme d’engagement collectif. </p><p><strong><em>Par : BAKAYOKO Rahim ( Chargé d&#8217;étude et intelligence politique )</em></strong></p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/la-decennie-des-engagements-trahis-ce-que-les-donnees-opposent-aux-traites-de-2015/">LA DECÉNNIE DES ENGAGEMENTS TRAHIS : CE QUE LES DONNÉES OPPOSENT AUX TRAITÉS DE 2015</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>LES 5 VISAGES POLITIQUES DE LA SEMAINE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 10:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque semaine, certaines personnalités façonnent l’actualité, influencent les rapports de force et redessinent les équilibres politiques, bien au-delà de leurs frontières. Cette sélection met en lumière cinq acteurs qui ont marqué la semaine par leurs décisions, leurs initiatives ou les dynamiques institutionnelles auxquelles ils sont associés. De Washington à Abidjan, de Dakar à Kyiv, ces [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Chaque semaine, certaines personnalités façonnent l’actualité, influencent les rapports de force et redessinent les équilibres politiques, bien au-delà de leurs frontières.</em></strong></p><p><strong><em>Cette sélection met en lumière cinq acteurs qui ont marqué la semaine par leurs décisions, leurs initiatives ou les dynamiques institutionnelles auxquelles ils sont associés. De Washington à Abidjan, de Dakar à Kyiv, ces visages illustrent les mutations d’un environnement politique en constante évolution.</em></strong></p><p><strong><em>Au programme cette semaine :<br>Donald Trump<br>Ahoua Don Mello<br>Volodymyr Zelenskyy<br>Ousmane Sonko<br>Bassirou Diomaye Faye</em></strong></p><p><strong><em>Parce qu’en politique, comprendre les acteurs est souvent la première étape pour comprendre les événements.</em></strong></p><p><strong><em>ADN Politics – Décoder l’ADN du pouvoir.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/5-FACE-13-JUILLET-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7763"/></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>1- Donald Trump</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-1024x683.webp" alt="" class="wp-image-7764" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-1024x683.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-300x200.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-768x512.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-1536x1024.webp 1536w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-420x280.webp 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-615x410.webp 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-860x573.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048-760x507.webp 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2048.webp 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Donald Trump a de nouveau occupé le centre de la scène diplomatique en multipliant les initiatives autour du conflit russo-ukrainien. Ses échanges avec Volodymyr Zelenskyy et ses déclarations sur les perspectives d’une issue au conflit confirment que la politique étrangère américaine demeure fortement influencée par son approche, où négociation, rapport de force et pression diplomatique se combinent.</p><p><strong>Pourquoi c’est important</strong></p><p>La posture de Washington reste déterminante dans l’évolution de la guerre en Ukraine et, plus largement, dans les équilibres de sécurité en Europe. Les prises de position de Donald Trump sont suivies avec attention par les alliés comme par les adversaires des États-Unis.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Ses orientations pourraient influencer le rythme des négociations, la poursuite de l’aide occidentale à l’Ukraine et la reconfiguration des rapports de force entre les grandes puissances.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>2- Ahoua Don Mello</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="504" height="608" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/images.png" alt="" class="wp-image-7765" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/images.png 504w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/images-249x300.png 249w" sizes="auto, (max-width: 504px) 100vw, 504px" /></figure><p>Ahoua Don Mello a officiellement lancé la création de sa propre formation politique, marquant une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique ivoirien à quelques mois des prochaines échéances électorales. Cette initiative traduit sa volonté d’incarner une offre politique autonome et de structurer un nouveau courant autour de ses convictions.</p><p><strong>Pourquoi c’est important</strong></p><p>La naissance d’un nouveau parti porté par une personnalité expérimentée peut redistribuer les équilibres au sein de l’opposition et attirer une partie de l’électorat en quête d’une alternative.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Cette décision pourrait accélérer les recompositions politiques, influencer les stratégies d’alliance et modifier les rapports de force en vue des prochaines élections.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>3- Volodymyr Zelenskyy</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/68ff7236f756e7c853f859a9c04b6e20_1691133453_wysiwyg.jpeg" alt="" class="wp-image-7766" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/68ff7236f756e7c853f859a9c04b6e20_1691133453_wysiwyg.jpeg 800w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/68ff7236f756e7c853f859a9c04b6e20_1691133453_wysiwyg-240x300.jpeg 240w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/68ff7236f756e7c853f859a9c04b6e20_1691133453_wysiwyg-768x960.jpeg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/68ff7236f756e7c853f859a9c04b6e20_1691133453_wysiwyg-760x950.jpeg 760w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure><p>Face à la poursuite de la guerre, Volodymyr Zelenskyy a poursuivi son offensive diplomatique afin de consolider le soutien de ses partenaires internationaux. Entre plaidoyer pour un renforcement de la défense aérienne et échanges avec les principaux dirigeants occidentaux, le président ukrainien reste au cœur de l’agenda géopolitique mondial.</p><p><strong>Pourquoi c’est important</strong></p><p>Le conflit en Ukraine continue d’influencer la sécurité européenne, les marchés énergétiques et les relations entre les grandes puissances.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Les engagements obtenus cette semaine pourraient renforcer les capacités de défense ukrainiennes tout en maintenant la pression diplomatique sur Moscou.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>4- Ousmane Sonko</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-1024x682.webp" alt="" class="wp-image-7767" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-1024x682.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-300x200.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-768x512.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-420x280.webp 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-615x410.webp 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-860x573.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511-760x506.webp 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/vis_0607202613053511.webp 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>À la suite de la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme constitutionnelle portée par la majorité parlementaire, Ousmane Sonko a publiquement pris acte de la décision de la haute juridiction. En affirmant son respect de l’autorité du juge constitutionnel, il a privilégié une posture institutionnelle malgré un revers politique.</p><p><strong>Pourquoi c’est important</strong></p><p>Cette séquence illustre le fonctionnement des contre-pouvoirs au Sénégal et rappelle que les réformes institutionnelles demeurent soumises au contrôle de constitutionnalité, y compris lorsqu’elles sont soutenues par une majorité parlementaire.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>Cette décision pourrait conduire la majorité à revoir sa stratégie de réforme tout en consolidant la place du Conseil constitutionnel comme arbitre des équilibres institutionnels.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>5- Bassirou Diomaye Faye</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="526" height="526" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n.jpg" alt="" class="wp-image-7768" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n.jpg 526w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n-300x300.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n-150x150.jpg 150w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n-400x400.jpg 400w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/651287374_1488070206009753_6383255201001199823_n-110x110.jpg 110w" sizes="auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px" /></figure><p>Le président Bassirou Diomaye Faye s’est retrouvé au cœur de cette séquence institutionnelle, la décision du Conseil constitutionnel intervenant sur une réforme majeure portée par la majorité issue de son camp politique. Cette décision rappelle que l’exercice du pouvoir s’inscrit dans un cadre juridique dont les institutions demeurent les garantes.</p><p><strong>Pourquoi c’est important</strong></p><p>Le respect des décisions du Conseil constitutionnel contribue à préserver la crédibilité des institutions sénégalaises et à renforcer l’État de droit dans un contexte de profondes réformes.</p><p><strong>Impact</strong></p><p>La suite de cette séquence sera déterminante pour la capacité du pouvoir à poursuivre son agenda de réformes tout en maintenant un équilibre entre ambition politique et respect des exigences constitutionnelles.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/les-5-visages-politiques-de-la-semaine-11/">LES 5 VISAGES POLITIQUES DE LA SEMAINE</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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		<title>KENYA : AUTOPSIE D’UNE GOUVERNANCE SOUS PERFUSION</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yannick Bogui]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 12:40:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses et Perspectives]]></category>
		<category><![CDATA[Échos économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de développement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au moment où le Kenya s’apprête à célébrer le troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de WILLIAM RUTO, l’heure n’est ni aux célébrations ni aux slogans du hustler nation. Le pays, jadis présenté comme un îlot de stabilité et un laboratoire du libéralisme économique en Afrique de l’Est, donne aujourd’hui l’image d’une démocratie essoufflée et d’une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Au moment où le Kenya s’apprête à célébrer le troisième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de WILLIAM RUTO, l’heure n’est ni aux célébrations ni aux slogans du <u>hustler nation</u>. Le pays, jadis présenté comme un îlot de stabilité et un laboratoire du libéralisme économique en Afrique de l’Est, donne aujourd’hui l’image d’une démocratie essoufflée et d’une économie qui ne tient debout que par la perfusion des prêts multilatéraux et une fiscalité de plus en plus prédatrice. À l’aune des indicateurs de gouvernance, la note est sévère. Non pas en raison d’un effondrement brutal, mais parce que l’écart entre les promesses de rupture et les réalités de l’exercice du pouvoir s’est creusé au point de fracturer le contrat social.</em></strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="616" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-1024x616.webp" alt="" class="wp-image-7757" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-1024x616.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-300x181.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-768x462.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-860x517.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image-760x457.webp 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/NA-og_image.webp 1047w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p><strong><em>Il y a tout juste deux ans, en juin 2024, la jeunesse kényane descendait dans la rue pour torpiller le projet de loi de finances qui prévoyait une TVA sur le pain, une taxe sur l’huile de cuisson et une ponction accrue sur les transferts d’argent mobile. Les manifestations, menées par la « Génération Z » sans étiquette partisane, firent au moins 53 morts sous les balles de la police, selon la Commission nationale des droits de l’homme, et contraignirent le président à une volte-face spectaculaire : retrait du texte, limogeage de la quasi-totalité de son gouvernement et ouverture d’un « dialogue national ». Ce que le pouvoir qualifia alors de « gouvernement de large rassemblement » s’apparente, deux ans plus tard, à une opération de neutralisation méthodique de l’opposition, sans avoir réglé la quadrature du cercle budgétaire. Le bulletin de gouvernance du Kenya, si l’on tentait de le synthétiser, oscillerait entre un C+ en gouvernance politique et un B- en gouvernance économique, mais cette moyenne masque des déséquilibres profonds qui hypothèquent l’avenir.</em></strong></p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Le piège de la dette et l’impasse fiscale</strong></p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars.webp" alt="" class="wp-image-7760" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars.webp 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-300x158.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-768x404.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-860x452.webp 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/La-dette-publique-du-Kenya-augmente-dun-record-de-108-milliards-de-dollars-760x399.webp 760w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>Commençons par les chiffres, car ils sont têtus. En <strong>2013</strong>, lorsque l’actuelle <strong>Constitution</strong> avait déjà une décennie, la dette publique du Kenya représentait <strong>42 % du PIB</strong>. Fin <strong>2025</strong>, elle plafonnait à 10 900 milliards de shillings (environ 72 milliards de dollars), soit <strong>67 %</strong> du PIB, un niveau qui demeure sous la barre symbolique des <strong>70 %</strong> mais qui étrangle les marges de manœuvre budgétaires. Le service de la dette absorbe désormais <strong>38 %</strong> des recettes ordinaires, contre 27 % en 2019. Pour la seule année fiscale 2025-2026, le <strong>Trésor</strong> a provisionné 1 600 milliards de shillings pour le remboursement des intérêts et du principal, un montant supérieur au budget cumulé de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Autrement dit, le Kenya travaille d’abord pour ses créanciers : la Chine (8,2 milliards de dollars d’encours, principalement pour le Standard Gauge Railway), les euro-obligataires et les institutions de Bretton Woods.</p><p>Le FMI, dont le programme de <strong>3,6 milliards de dollars conclu en 2021</strong> arrive à échéance en 2026, a joué un rôle d’arbitre intransigeant. Pour satisfaire les revues semestrielles, le gouvernement Ruto a dû légiférer en urgence, en 2025, un nouvel impôt minimum sur les entreprises déficitaires et une taxe carbone sur les carburants, mesures qui ont ramené le déficit budgétaire à 4,4 % du PIB, contre 5,6 % en 2024. Sur le papier, la consolidation est indéniable. La croissance, tirée par l’agriculture et les services financiers, a rebondi à 5,2 % en 2025 et devrait atteindre 5,5 % cette année. Le shilling, qui s’était effondré à 160 pour un dollar avant le remboursement de l’eurobond de 2 milliards en juin 2024, s’est stabilisé autour de 135 grâce à l’emprunt syndiqué de 1,5 milliard de dollars contracté auprès de la TDB et de l’Afreximbank.</p><p>Mais cette stabilisation macroéconomique a un coût social que les tableaux Excel du FMI ne captent pas. L’inflation alimentaire, bien qu’officiellement redescendue à 5,1 % en mai 2026, reste structurellement volatile : le prix du maïs, denrée de base, a augmenté de 23 % depuis le début de l’année en raison de la sécheresse dans le Nord. Le taux de chômage des 18-34 ans, segment qui avait porté la fronde de 2024, s’établit à 38 %, selon le <strong>Bureau national des statistiques</strong>, et l’économie formelle ne génère qu’environ 200 000 emplois par an pour un million de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. La politique du « bottom-up economics », avec ses fonds rotatifs Hustler Fund et ses promesses de crédit à 8 % pour les micro-entreprises, a décaissé 62 milliards de shillings en trois ans, mais 44 % des bénéficiaires sont en défaut de remboursement. Le modèle ne parvient pas à masquer l’évidence : la gouvernance économique kényane est devenue une gestion experte de la pénurie, où l’on repousse l’explosion sociale par des perfusions financières et des reculs tactiques, sans jamais s’attaquer à la capture de l’État par les élites.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Du dialogue national au verrouillage politique</strong></p><figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7759" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-1024x768.jpg 1024w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-300x225.jpg 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-768x576.jpg 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-860x645.jpg 860w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS-760x570.jpg 760w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2024-07-09T103833Z_972420458_RC2HR8A3OJPS_RTRMADP_3_KENYA-POLITICS.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><p>C’est sur le terrain de la gouvernance politique que la dégradation est la plus spectaculaire. L’<strong>indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine</strong>, qui agrège des critères de participation, de droits de l’homme et d’État de droit, a fait reculer le Kenya de trois places depuis 2023, le classant désormais au 18e rang continental. Le « <em>gouvernement de large rassemblement</em> » annoncé le 19 juillet 2024, qui intégra quatre figures de l’opposition historique menée par RAILA ODINGA, dont le poste inédit de « <em>Secrétaire général du Cabinet</em> » confié à un proche de l’ancien Premier ministre, a d’abord été salué comme une sortie de crise. Avec le recul, il apparaît comme un marché politique qui a dévitalisé l’alternative électorale. Raila Odinga, battu pour la présidence de la <strong>Commission de l’Union africaine</strong> en février 2025 face au Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf, a vu son aura panafricaine s’évanouir et son parti, l’ODM, se fracturer. La faction « <em>ODM-Kenya</em> » qui a refusé la compromission s’est alliée à l’ancien vice-président Rigathi Gachagua, limogé en octobre 2024 pour « <em>insubordination</em> », mais cette opposition éclatée n’a pas de majorité parlementaire pour contrer l’exécutif.</p><p>Les élections de mi-mandat de 2025 dans les comtés ont été marquées par un taux d’abstention de <em>66 %</em>, du jamais-vu, signe d’un désenchantement abyssal. La <em><u>commission électorale (IEBC)</u></em>, toujours sans composition plénière après le départ à la retraite de ses membres, fonctionne avec des commissaires intérimaires nommés par le président, ce que la société civile dénonce comme une préparation en vue de 2027. Le rapport de Human Rights Watch publié en mars 2026 documente 37 disparitions forcées de militants et blogueurs depuis janvier 2025, principalement dans les comtés de Kisumu, de Nairobi et de la côte. La loi sur la cybersécurité, amendée en catimini en novembre 2025, permet désormais la surveillance des communications sans mandat judiciaire préalable pour tout motif de « stabilité économique » – une notion assez vague pour couvrir les voix critiques des réseaux sociaux, où la colère gronde en swahili, en anglais et en sheng.</p><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>2027 : l’élection de tous les dangers</strong></p><p>À douze mois du scrutin présidentiel d’août 2027, la configuration est aussi illisible qu’explosive. William Ruto, fort du soutien de l’appareil d’État et d’une coalition parlementaire qui regroupe l’UDA et une partie de l’ODM, a annoncé sa candidature à un second mandat, misant sur un bilan économique qu’il qualifie de « <em>sauvetage national</em> » et sur la fragmentation du camp adverse. Mais sa cote de popularité, mesurée par l’institut TIFA en juin 2026, n’est que de 34 %, contre 49 % en septembre 2022. Le clivage ethnique qui structurait le vote depuis le retour du multipartisme cède du terrain, non par vertu civique, mais sous la poussée d’un ressentiment générationnel qui ignore les frontières communautaires. Les activistes de la Génération Z, qui ont fondé en 2025 le « <em>Mouvement pour la dignité</em> » (MDK), peinent à se doter d’un leader présidentiel crédible mais imposent dans le débat public des revendications radicales : plafonnement des salaires des élus, abolition du fonds de pension parlementaire, audit citoyen de la dette. Une pétition en ligne pour un référendum sur la limitation à deux mandats de l’ensemble des élus, y compris les députés, a recueilli 2,7 millions de signatures, contraignant l’IEBC à un examen de recevabilité. Le pouvoir y voit une manœuvre insurrectionnelle déguisée.</p><p>La gouvernance politique kényane navigue donc à vue entre autoritarisme rampant et théâtralisation du dialogue. Elle ne peut ni réprimer totalement, car l’histoire récente&nbsp;; 2007, 2017&nbsp;; a montré que la violence électorale débouche sur des sanctions internationales et des enquêtes de la CPI, ni concéder un véritable rééquilibrage des pouvoirs qui menacerait les rentes d’une élite pléthorique. Le système judiciaire, qui avait fait preuve d’une indépendance remarquable en 2022 en validant l’élection de Ruto puis en 2024 en annulant plusieurs taxes, subit une guerre d’usure : le budget du pouvoir judiciaire a été amputé de 18 % en 2025-2026, et les nominations à la Cour suprême font l’objet de batailles procédurales interminables.</p><figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="836" height="557" src="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925.webp" alt="" class="wp-image-7758" srcset="https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925.webp 836w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-300x200.webp 300w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-768x512.webp 768w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-330x220.webp 330w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-420x280.webp 420w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-615x410.webp 615w, https://adn-politics.com/wp-content/uploads/2026/07/2393925-760x506.webp 760w" sizes="auto, (max-width: 836px) 100vw, 836px" /></figure><p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background"><strong>Quelle note de passage ?</strong></p><p>Si l’on se livre à l’exercice d’une fiche d’évaluation, la gouvernance économique mérite un <strong>B-</strong>. La trajectoire budgétaire s’améliore, le risque de défaut souverain est écarté à court terme, les institutions financières internationales continuent de valider le programme. Mais le modèle reste fragile : la croissance n’est pas inclusive, le secteur informel, qui pèse <strong>34 % du PIB</strong>, échappe à l’impôt, et la corruption&nbsp;; le Kenya a perdu sept points dans l’indice de perception de <strong>Transparency International</strong> depuis 2022, siphonne un tiers des marchés publics. La gouvernance politique, elle, plafonne à un <strong>D+</strong> : les contre-pouvoirs s’étiolent, la reddition des comptes est sélective, et la jeunesse, majoritaire dans la démographie, se sent exclue du jeu institutionnel. Ramenée à la seule échelle continentale, cette note place le Kenya dans la catégorie des « <em>régimes hybrides</em> » où la façade démocratique dissimule mal une gestion oligarchique.</p><p>Le véritable test ne sera pas la publication de nouveaux indicateurs, mais la capacité du pays à traverser 2027 sans basculer. Dans l’équation kényane, le multiplicateur de risque n’est plus seulement la pauvreté ou la rivalité ethnique, c’est la prédation fiscale imposée par une dette héritée de la décennie précédente, que la population refuse désormais de payer. Le FMI et les banques créancières exigent des excédents primaires ; la rue exige du pain et de l’électricité subventionnée. Entre les deux, le gouvernement Ruto joue la montre, espérant que la lassitude l’emportera sur la colère. Mais les poudres de 2024 n’ont pas été noyées, elles ont été mises sous scellé, et le temps n’est plus où l’on pouvait gouverner le Kenya par la seule alternance des élites Kalenjin et Kikuyu. La note de passage, en définitive, ne sera pas attribuée par les experts : elle le sera dans les urnes, ou à défaut, dans la rue.</p><p>The post <a href="https://adn-politics.com/kenya-autopsie-dune-gouvernance-sous-perfusion/">KENYA : AUTOPSIE D’UNE GOUVERNANCE SOUS PERFUSION</a> appeared first on <a href="https://adn-politics.com">ADN Politics</a>.</p>
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